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Le palmarès du festival du film asiatique de Deauville

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Le palmarès du festival du film asiatique de Deauville

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Plus connue pour célébrer le cinéma américain, la station balnéaire française de Deauville s’intéresse aussi au meilleur de la production asiatique.

La treizième édition de son festival dédié à l’Asie a dévoilé son palmarès.

Sur les dix long-métrages en lice pour le Lotus du meilleur film, c’est finalement “Eternity” du thaïlandais Sivaroj Kongsakul qui a été primé.

Dans son premier long-métrage, le jeune réalisateur de 31 ans retrace l’histoire d’amour entre ses parents en faisant revenir le fantôme de son père auprès de sa mère au moment de leur coup de foudre.

“Au cinéma, la réalisation est toujours le reflet des goûts personnels des réalisateurs,” explique Sivaroj Kongsakul. “Je m’intéresse particulièrement au paysage, à l’atmosphère,” précise-t-il, “et j’aime la lenteur pour raconter mon histoire.”

L’univers poétique et silencieux d’“Eternity” n’a pas séduit tout le monde, apparemment, au point de susciter la controverse.

Pour Amos Gitaï qui a présidé le jury, le Lotus du meilleur film est totalement mérité : le réalisateur israélien a été particulièrement sensible à l’atmosphère étrange du film. “C’est un film original et je rappelle que c’est un premier film,” souligne-t-il. “Il est très délicat, il y a des scènes d’intimité qui sont magnifiques et une observation très précise de la culture et, dans la façon dont le cinéma peut en parler, je trouve que c’est très délicat et magnifique.”

Deux films ont reçu le Lotus du jury : “Sketches of Kaitan city” et “The Journals of Musan”. Le premier réalisé par le japonais Kazuyoshi Kumakiri a une forme plutôt inédite. Il s’agit d’un drame choral.

A Kaitan City, dans le nord du Japon, cinq personnages traversent une épreuve, et tentent de continuer à vivre.

Alors que le Japon est frappé par des catastrophes naturelles et nucléaire, l‘équipe du film a fait part de son inquiétude. “On est très inquiets au sujet de la menace nucléaire,” confie le scénariste Takashi Ujita, “on a très peu d’informations comme on est dans un pays dont on ne maîtrise pas la langue. On a reçu quelques mails, mais nous sommes très loin du Japon et un peu déconnectés. On a hâte de rentrer et d‘être sûr que pour nos familles et nos amis, tout va bien. “

Le film sud-coréen “The Journals of Musan” dresse lui, un constat amer de la société capitaliste sud-coréenne à travers les mésaventures d’un immigré nord-coréen, victime de discriminations. Il peine à trouver du travail et à créer des liens avec les personnes qu’il croise à la messe.

Le réalisateur sud-coréen interprète le premier rôle. “Je voulais donner à ce film le maximum de réalisme, souligne Park Jungbum. C’est pourquoi je l’ai tourné principalement avec des petites caméras pour suivre les personnages dans leur vie quotidienne, le plus près possible.”

La presse a elle, préféré l’histoire vraie du serial killer de “Cold Fish” du japonais Sion Sono. Ce film lauréat du Prix de la Critique Internationale est l’adaptation au cinéma du crime le plus terrible et le plus sanglant de l’histoire du Japon. “Cold Fish” sort en salles en Europe dans les prochains mois.