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Libye : un cessez-le-feu désarmant

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Libye : un cessez-le-feu désarmant

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Les autorités libyennes ont décrété un cessez-le-feu pour protéger les populations civiles et elles sont prêtes à un dialogue, a annoncé vendredi le ministre libyen des Affaires étrangères. La Libye entend ainsi se conformer à la résolution 1973 par laquelle le Conseil de sécurité des Nations unies a autorisé jeudi une éventuelle intervention militaire étrangère pour protéger les civils menacés par les combats entre les forces fidèles à Mouammar Kadhafi et l’insurrection. La France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont accueilli avec scepticisme cette initiative libyenne, en contradiction totale avec les menaces proférées jeudi soir contre les insurgés par Mouammar Kadhafi.

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“Nous avons décidé d’un cessez-le-feu immédiat et d’un arrêt immédiat de toutes les opérations militaires”, a dit Moussa Koussa, le ministre libyen des Affaires étrangères. La Libye, a-t-il ajouté, “accorde une grande importance à la protection des civils”. A l’aide d’avions de chasse, de chars et de navires, les forces de Mouammar Kadhafi ont repoussé ces derniers jours les insurgés jusque dans leur fief de Benghazi, dans l’Est libyen. Elles ont aussi bombardé les villes tenues par les rebelles dans l’ouest du pays.

USAGE DE LA FORCEINACCEPTABLE

La Libye, a affirmé Moussa Koussa, est soucieuse “d’offrir une aide humanitaire aux (Libyens), de respecter tous les droits de l’homme et de se conformer au droit international et humanitaire”.

Il a assuré que le régime de Mouammar Kadhafi respectait la résolution 1973 de l’Onu et a ouvert la porte à un dialogue “avec toutes les parties soucieuses de l’intégrité territoriale de la Libye”, sans préciser lesquelles. Depuis le début de l’insurrection, mi-février, Mouammar Kadhafi a déjà formulé des offres de dialogue. Les rebelles ont rejeté toute proposition visant à lui permettre de rester au pouvoir, qu’il exerce sans partage depuis plus de 41 ans. Moussa Koussa a jugé “très étrange et inacceptable” le volet de la résolution de l’Onu autorisant l’usage de la force militaire de la part de pays étrangers.

“Nous exprimons notre profond regret quant à la résolution qui comporte plusieurs mesures contre les Libyens, notamment une zone d’exclusion aérienne portant notamment sur les vols civils, ce qui va accroître les souffrances du peuple libyen”, a-t-il dit.

L’annonce du cessez-le-feu n’a pas convaincu les pays favorables à une intervention militaire pour soutenir l’insurrection. La France a considéré que “sur le terrain, la menace n’a pas changé”. La Grande-Bretagne a prévenu que Mouammar Kadhafi serait jugé à ses actes et non à ses paroles. Hillary Clinton, la secrétaire d’Etat américaine, a fait part de son scepticisme quant à la traduction sur le terrain des promesses du régime libyen.

REUTERS