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Revue des forces militaires de la coalition en Libye

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Revue des forces militaires de la coalition en Libye

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Une coalition de cinq armées occidentales continuait dimanche à pilonner des objectifs ciblés du régime de Mouammar Kadhafi en Libye, frappant depuis les airs et la mer Méditerranée. La France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, l’Italie et le Canada participent pour l’heure à la plus grosse intervention militaire dans le monde arabe depuis l’invasion de l’Irak en 2003. Son objectif est, en application de la résolution 1973 adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU, de faire respecter une zone d’exclusion aérienne et un cessez-le-feu en Libye. Voici l‘état des lieux ce dimanche 20 mars :

Royaume Uni :
Les forces britanniques sont entrées en action samedi en fin de journée, tirant des Tomahawk depuis l’un de ses sous-marins de la classe Trafalgar.
Le ministère de la Défense a confirmé que des missiles Stormshadow étaient tirés par plusieurs chasseurs Tornado. Des chasseurs Typhoon sont en soutien et l’ensemble est accompagné d’avions de ravitaillement en vol et de surveillance.
D’autres Typhoon et Tornado seront déployés dimanche soir ou lundi sur une base du sud de l’Italie, a déclaré le secrétaire à la Défense, Liam Fox, à la BBC.
La Grande-Bretagne a également deux frégates au large de la Libye: le Cumberland et le Westminster. Des sources gouvernementales indiquent que des destroyers pourraient être déployés.

France :
La France a déployé une vingtaine d’appareils – des Rafale, des Mirage 2000, des avions ravitailleurs et des Awacs de surveillance – lors d’une opération initiale visant à la mise en
place d’une zone d’exclusion aérienne. L’opération a été entamée samedi matin sur une zone de 150 km sur 100 autour de Benghazi.
Le porte-avions Charles-de-Gaulle a appareillé dimanche de Toulon. Il pourrait atteindre la côte libyenne d’ici lundi, avec à son bord 15 chasseur et 1.800 membres d‘équipage.
Son groupe aéronaval comprend trois frégates, un navire de ravitaillement et un sous-marin d’attaque.

Les Etats-Unis :
Après avoir entretenu le flou samedi, les Etats-Unis ont déclenché une “opération militaire limitée” en Libye, plusieurs heures après la France, y compris des frappes contre des défenses antiaériennes libyennes le long de la côte.
Vers 21H00 GMT, le directeur de l‘état-major interarmes, le vice-amiral Bill Gortney, a déclaré que plus de 110 missiles Tomahawk avaient été tirés contre une vingtaine de sites.
L’armée américaine a déployé des avions, des missiles de croisière et des armes électroniques.
Un responsable du département de la Défense a précisé que trois sous-marins équipés de missiles Tomahawk – dont le Newport News et le Providence – étaient prêts à participer aux
opérations. Ils ont été rejoints par deux navires de la Navy.
Cinq navires de combat américains croisent en Méditerranée, dont deux navires d’assaut amphibies avec des centaines de “marines” à bord, mais aucun porte-avions.
L’armée de l’air a dit cette semaine qu’elle pourrait utiliser des bombardiers et des avions de chasse, dont peut-être des F-16, F-15 et F-22 pour frapper des cibles au sol en Libye.

Le Canada :
Le navire de guerre canadien Charlottetown participe aux opérations navales, y compris la mise en place d’un blocus, a déclaré le Premier ministre Stephen Harper samedi.
Des chasseurs canadiens ont rejoint la région mais il leur faudra un ou deux jours de préparation avant de pouvoir entrer en action.

Italie :
L’Italie a déployé plusieurs dizaines d’avions de combat sur sa base de Trapani, dans l’ouest de la Sicile.
Le ministre de la Défense Ignazio La Russa a dit dimanche que huit avions étaient prêts à intervenir immédiatement.
Des Tornado, qui peuvent servir à neutraliser les défenses antiaériennes et les radars, ainsi que des F-16 et des Eurofighter ont été transférés à Trapani.
L’Italie a également proposé la mise à disposition d’une base proche de Naples comme centre de commandement de l’opération.
Le ministre de la Défense, a précisé que les sept bases italiennes – Amendola, Gioia del Colle, Sigonella, Aviano, Trapani, Decimomannu et Pantelleria – étaient
à disposition des alliés et que certains d’entre eux avaient demandé à les utiliser.

Les autres Etats européens :
Espagne :
Madrid, qui avait déjà annoncé mettre à disposition un avion ravitailleur et quatre avions de combat F-18, va aussi fournir une frégate F-100, un sous-marin et un avion de patrouille maritime.
Deux bases espagnoles – Rota à Cadiz et Moron de la Frontera à Séville – ont également été mises à disposition de l’alliance.

Danemark :
Six F-16 danois sont arrivés samedi sur la base aérienne de Sigonella, en Sicile. Quatre d’entre eux ont décollé, selon des journalistes de Reuters Télévision.

Norvège :
Oslo a promis six chasseurs F-16. Ils seront prêts dans cinq à dix jours, a dit un responsable de l’armée de l’air

Belgique :
Six chasseurs-bombardiers F-16 seront opérationnels lundi, selon le ministre belge de la Défense. Le gouvernement belge a aussi envoyé un chasseur de mine, le Narcis, au sein d’une flottille anti-mines de l’Otan naviguant en ce moment en Méditerranée.

Grèce :
Le Premier ministre Georges Papandréou a fait savoir que des bases de son pays, sans préciser lesquelles, pourraient servir.

Pays-Bas :
La participation de La Haye, acquise, reste à préciser.

A lire aussi :
- Etat des lieux des forces armées libyennes
- La communauté internationale face à la révolte en Libye – CHRONOLOGIE

Les pays arabes
Des avions du Qatar se sont déployés dimanche à proximité de la Libye, a déclaré le chef d‘état-major interarmes de l’armée américaine.
Selon le porte-parole du ministère français de la Défense dimanche, ils sont au nombre de quatre.

Le commandement italien à la base aérienne de Decimomannu a dit attendre l’arrivée de F-16 des Emirats arabes unis, sans préciser combien ni la date de leur arrivée.
Maroc et Jordanie sont moins disposés à participer à une action militaire mais fourniront une aide humanitaire.

L’Otan reste pour le moment en retrait. Ses avions radar Awacs sont néanmoins en action 24 heures sur 24 en Méditerranée depuis une semaine. Trois de ses navires sont également sur zone. L’Organisation continuait ce week-end à se préparer aux différentes missions qu’elle pourrait avoir à assumer dans le cadre de l’intervention en Libye. Elle pourrait ainsi : porter assistance à une opération à caractère humanitaire, faire respecter l’embargo sur les armes ou imposer une zone d’interdiction aérienne. L’Otan, pourrait être mise à contribution, ne serait-ce que pour des raisons pratiques car elle est la seule institution militaire intégrée, mais elle ne figurerait qu’en seconde ligne, pour des motifs diplomatiques.

(avec AFP)