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Lampedusa, au bord de l'implosion

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Lampedusa, au bord de l'implosion

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La petite île sicilienne est devenue célèbre durant la dernière décennie, revenant régulièrement sur le devant de l’actualité internationale comme l’un des points d’entrée des immigrés en provenance d’Afrique, avec son lot de drames humains

Lampedusa est à moins de 100 km des côtes tunisiennes. Européenne mais géographiquement plus proche de l’Afrique, ce qui en fait une destination privilégiée pour les migrants.

Les premiers sont arrivés au milieu des années 90. En 2000, ils étaient un peu plus de 200, et de plus en plus nombreux chaque année avec ce chiffre record de 36 000 arrivées en 2008, suivi d’une nette diminution jusqu’aux révolutions du monde arabe. Déjà plus de 20 000 arrivées en 2011. 5000 en une seule semaine, alors que l‘île, 20 km2, compte 6 000 habitants. Une surpopulation, et une situation que les habitants ne supportent plus :

“Le gouvernement sait-il que nous envoyons nos enfants loin d’ici? Il ne sait pas qu’on fait partir les enfants. La plupart des mères d’ici ont envoyé leurs enfants ailleurs dans la famille, parce qu’ici, c’est irrespirable” s’insurge cette mère de famille.

Les conditions sanitaires empirent au fur et à mesure des arrivées. L’unique centre d’accueil de l‘île comporte 820 places. Fermé en 2009, il a dû rouvrir face à l’afflux mais c’est très loin d‘être suffisant. A l’intérieur, la situation y est dramatique. A l’extérieur, c’est pire. 4000 personnes campent dehors, sans aucun confort, et la mairie ne peut pas fournir des repas à tous.

Des milliers de déchets plastiques atterrissent chaque jour dans la mer. Un désastre humain auquel s’ajoute un désastre écologique, qui a des conséquences économiques. Lampedusa vit de la pêche et du tourisme, et les deux sont affectés par la situation.

La pollution comme la concurrence des bateaux tunisiens ont réduit l’activité de la pêche depuis plusieurs années. L‘île s’est alors tournée vers le tourisme. En 2009, lorsque le camp a fermé, le chiffre d’affaires du tourisme a bondi de 20%. Mais comment attirer les touristes dans un tel contexte?

“Vous ne pouvez pas passer de 800 à 5 à 6000 personnes dans ce centre, il n’y a plus d‘équilibre. Et quand vous rompez l‘équilibre dans le centre, vous le rompez aussi au niveau de la population, qui a besoin de vivre en paix…” estime Salvatore Martello, ancien maire de Lampedusa.

Lampedusa, au bord de l’asphyxie car trop bien placée sur la route de l’immigration vers l’Europe. Une Europe dont elle demande le soutien.