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Lampedusa, symbole des dissensions européennes en matière d'immigration

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Lampedusa, symbole des dissensions européennes en matière d'immigration

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Lampedusa, l‘île sur laquelle débarquent chaque semaine des centaines d’immigrants. Le territoire est italien, mais le sujet est européen. Et c’est bien là le problème, les pays membres de l’Union européenne n’ont aucune politique commune en matière de contrôle des frontières.

Depuis plusieurs mois, les autorités italiennes sont en première ligne. Les crises politiques en Afrique du nord ont entraîné une augmentation du nombre de migrants. Venus de Libye ou de Tunisie, ils rejoignent le port européen le plus proche, et c’est Lampedusa.

Mais le ministre italien des Affaires étrangères n’a de cesse d’appeler ses collègues européens à l’aide. Selon Franco Frattini, l’Italie ne peut supporter seule le poids politique, financier et social de cette immigration. Et pour ce faire, il invoque une directive européenne datant de 2001.

Ce texte indique que tous les états membres doivent contribuer aux efforts d’accueil des migrants venus de pays en crise.

Mais voilà, cette solidarité n’existe que sur le papier. Dans les faits, c’est un peu “chacun pour soi”. On le voit par exemple à la frontière franco-italienne, les clandestins qui essaient d’entrer en France sont refoulés. Pour eux, c’est le retour au point de départ, avant une nouvelle tentative pour passer les frontières.

En matière de demande d’asiles, Eurostat vient de livrer ses chiffres pour l’année 2010. C’est en France qu’il y a eu le plus de demande d’asile, devant l’Allemagne et la Suède. Dans ce classement, l’Italie n’est que 9ème. Ce qui fait dire à certains dirigeants européens que finalement, Rome n’a pas vraiment de motif de se plaindre.

En tout cas, pour essayer d’aider l’Italie face à l’arrivée récente de clandestins venus d’Afrique du nord, l’Union européenne met en avant un soutien financier. Matthew Newman, porte-parole de la commission, explique que près de 7 millions d’euros sont alloués aux autorités italiennes cette année. Et d‘évoquer aussi le fond d’aide au retour, financé par l’Union européenne à hauteur de 75%.

Actuellement, le volet le plus visible de l’Union européenne s’appelle Frontex, une agence chargée de gérer les flux migratoires. Un organisme qui, de l’aveu d’un responsable italien, sert surtout à guider les embarcations de clandestins vers les côtes européennes.