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L'aide extérieure au coeur de la campagne électorale portugaise

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L'aide extérieure au coeur de la campagne électorale portugaise

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La convocation d‘élections anticipées au Portugal complique la sortie de crise. L’appel ou non à une aide économique extérieure est entrain de devenir un thème majeur de la campagne électorale.

Les socio-démocrates du Premier ministre démissionnaire José Socrates préféreraient trouver une alternative à un plan de sauvetage. L’opposition de centre-droit, favorite dans les sondages, préférerait quant à elle qu’une solution soit trouvée avant les élections.

Car faire appel au FMI et à l’Union européenne pour s’en sortir impliquerait probablement de nouvelles mesures d’austérité impopulaires. Cela risque de pousser les Portugais dans la rue, une difficulté de plus, quel que soit le parti au pouvoir.

Ana Miranda, euronews :
“Le Portugal a plongé dans une crise économique sans précédent. En moins de deux ans, il a affronté sa deuxième récession.

Le gouvernement et les partis de l’opposition ont à présent conduit le pays vers une crise politique dont les conséquences sont déjà visibles, avec un déficit aggravé par les taux d’emprunts de la dette.

Nuno Saraiva, directeur adjoint du Diario de Noticias, commentateur et analyste politique, bienvenue sur euronews.

Le gouvernement portugais avait communiqué à Bruxelles le chiffre de sa dette publique mais il était faux. Sommes-nous face à un exemple flagrant de manque de transparence politique ? Quelqu’un connaît-il aujourd’hui la situation réelle des comptes du Portugal ?”

Nuno Saraiva, directeur adjoint du journal Diario de Noticias :
“Avant tout, il faut souligner les différences entre ce qui s’est passé avec la Grèce et avec l’Irlande et ce qui se passe au Portugal. Récemment, une mission de l’Union européenne est venue à Lisbonne pour vérifier les comptes publics, et elle n’a détecté aucune anomalie. D’ailleurs, l’Union européenne a toujours dit que tout était en phase avec le compromis trouvé à Bruxelles. Mais d’un autre côté, il faut souligner aussi que cette révision du déficit public vient du fait qu’Eurostat a introduit de nouveaux éléments comptables qui ont creusé la dette publique.”

euronews :
“Le recours à l’aide extérieure paraît aujourd’hui inévitable malgré la réticence affichée par la majorité des responsables politiques. Qui au Portugal a peur du FMI ?”

Nuno Saraiva :
“Je pense que tout le monde a peur. L’arrivée du FMI dans n’importe quel Etat membre – et on a pu le constater récemment en Grèce et en Irlande – ne signifie pas que la situation va s’améliorer, bien au contraire ! Si le Portugal a les moyens de faire face seul, et cela serait préférable, ce sera moins dur, moins violent pour les familles qu’une implication du FMI. L’arrivée du FMI dans un pays ne se fait jamais sur une courte période, il vient pour longtemps. Et cela peut prendre beaucoup de temps à un pays de se refaire une santé après un programme d’austérité imposé par le FMI.”

euronews :
“Si le prochain gouvernement refuse aussi l’aide du FMI, quelle option aura le pays pour éviter l’effondrement. Pourrait-il abandonner l’euro ?”

Nuno Saraiva :
“Je pense que sortir de l’euro n’est pas envisageable. Ce qui pourrait se passer, c’est que le prochain gouvernement adopte les mêmes mesures que celles rejetées par le Parlement. Ces mêmes mesures sur lesquelles s‘était engagé à Bruxelles le Premier ministre sortant, et le nouveau gouvernement pourrait même les renforcer. Si les prochaines émissions de dette publique qui sont prévues ne réussissent pas à nous financer, et si l’on n’a pas recours à temps à l’aide extérieure, ce sera la banqueroute.”