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Zone humide, zone à protéger

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Zone humide, zone à protéger

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L’Italien Fabrizio Sergio est chercheur à la station biologique de Doñana en Espagne. Il nous explique comment les changements climatiques influencent cette zone humide et ses innombrables espèces vivantes.

“Doñana est un parc national, une très grande zone humide de plusieurs centaines de kilomètres carrés.

En automne et en hiver, elle est inondée par les pluies typiques de saison, et pendant le printemps et l‘été, la zone s’assèche progressivement et tout ce que nous voyons ici, qui est très inondé parce que nous sommes en mars, sera complètement sec d’ici quelques mois.

L’impact négatif du changement climatique pourrait être représenté par des épisodes de sécheresse extrême avec un impact très fort sur la reproduction d’espèces différentes comme par exemple dans ce cas sur les Ibis facinelles, une sorte d’oiseau aquatique ou d’autres espèces de prédateurs qui sont très nombreux dans le parc comme par exemple le Milan noir.

Nous sommes en pleine période de migration, et les individus sont en train de revenir de leur zone d’hivernage en Afrique. Ils commencent à occuper leur territoire et d’ici peu ils vont pondre des oeufs.

Cette zone est l’habitat idéal pour les Milans parce qu’ils peuvent trouver de nombreux arbres pour faire leur nid, comme ceux que nous pouvons voir derrière, et ils ont face à eux leur principale zone de chasse.

Les changements climatiques peuvent modifier la date à laquelle le marais commence à s’assécher. Les zones de chasse et les proies qui dépendent des zones humides se réduisent alors.

Il existe une autre influence très directe à travers le stress thermique. Les poussins sont évidemment dans le nid toute la journée et nous savons que les nids qui présentent un taux d’ensoleillement très élevé vont avoir des poussins dont le taux de stress lui aussi est très élevé.

Ce modèle d‘étude est véritablement optimal car dès le début des années 80, nous avons commencé à poser des bagues. Ces émetteurs sont équipés d’un GPS qui permet de faire un suivi intensif des individus.

Une des choses à laquelle pourrait servir le réchauffement global, la présence de plus de soleil, c’est pour recharger les panneaux solaires de cet émetteur qui peut fonctionner jusqu‘à 4 ans de plus.

Nous savons par exemple que la productivité de l‘écosystème en Afrique, qui dépend beaucoup de la pluie dans la partie du Sahel et de l‘écosystème aride du Sahel, semble avoir beaucoup d’influence sur la survie, particulièrement au cours des premières années de vie.

Le changement climatique pourrait avoir une influence négative sur toutes ces espèces jusqu‘à créer potentiellement les conditions d’extinction des espèces”.