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Un attentat qui frappe Minsk en plein coeur

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Un attentat qui frappe Minsk en plein coeur

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Tous les observateurs de la région ont été pris par surprise. La dictature est bien huilée dans ce petit pays ou la moindre contestation est punie. Il n’y a pas ici de problème de terrorisme islamiste et l’opposition n’a jamais été violente.

Alors qui se cache derrière? Alors que les spéculations vont bon train, le “dernier dictateur d’Europe” comme on l’appelle, crie dès les premières heures de l’attentat à la tentative de déstabilisation du pays et promet d’en trouver les auteurs, traîtés de “batards” selon une rhétorique chère au grand voisin russe.

L’opposition craint d’ores et déjà que le régime en profite pour durcir encore la répression. Lukashenko a plusieurs fois promis d’envoyer l’armée dans les rues si nécessaire. Son pouvoir, bien que contesté est sans partage et ne donne aucun signe d’assouplissement depuis 17 ans.

Arrivé au pouvoir en 1994, cet ancien directeur de ferme d’Etat sous le communisme n’a jamais accordé un centimètre d’ouverture à son pays. Au fil des ans, il fait changer la constitution pour s’assurer de rester au pouvoir. Remporte successivement plusieurs élections sans que l’opposition n’ait aucune chance. Au fil des ans, le régime est isolé. Seule la Russie reste un allié

Les dernières élections présidentielles de décembre 2010 finissent d’achever sa mise au ban de la communauté internationale. Les bureaux de l’OSCE sensé surveiller le scrutin, seront fermés sur ordre du président. Il est réélu une fois de plus, triomphalement.

Lukashenko, isolé sur la scène internationale avait pourtant à tout à gagner à des élections libres et justes. L’Europe aurait levé une partie des sanctions à l‘égard du pays. Mais Lukashenko préfère garder une main de fer sur le Belarus. Au fil des années, beaucoup de leaders de l’opposition ont été emprisonnés ou bien ont disparu.

L’annonce des résultats des élections a provoqué la colère des opposants. Des scènes d‘émeutes dans les rues de Minsk, violemment réprimées. Plusieurs centaines de personnes sont arrêtées, dont 7 candidats à l‘élection. 30 sont jugés, l’un d’eux vient d‘être condamné à 4 ans de prison.

Lukashenko est privé de visa, persona non grata en dehors de ses frontières. Malgré des tensions avec la Russie ces dernières années, le soutien russe reste donc primordial pour Minsk. Le seul élément capable de faire tomber le régime serait sans doute qu’il n’ait plus ce soutien