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La progression des nationalistes finlandais confirme le repli sur soi face à l'Europe

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La progression des nationalistes finlandais confirme le repli sur soi face à l'Europe

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Grâce à son charisme et à sa réthorique populiste, Timo Soini a réussi à faire de son parti la 3 ème force politique du pays, le seul parti à avoir progressé par rapport aux dernières législatives… et de quelle manière : en 4 ans, de 4,1 à 19% des voix, un score multiplié presque par 5.

Plusieurs explications à cette percée spectaculaire : d’abord la crise de la démocratie finlandaise. Timo Soini a attiré un électorat de déçus et d’abstentionnistes traditionnels. La crise économique est passée par là. Parmi les bouc-émissaire, l’immigration, un sujet sur lequel les Vrais Finlandais ont marqué des points avec leur slogan “Les Finlandais d’Abord”.

Mais ce qui a focalisé l’attention c’est surtout l’Union européenne : “Nous n’avions prévu cette forte rhétorique anti-européenne dans la campagne électorale, cela a été quelque chose de vraiment nouveau…” admet cet analyste politique.

Membre de l’Union européenne depuis 1995, et seul pays nordique à avoir adopté l’Euro, la Finlande fait partie des pays riches de l’Union, avec un PIB par tête d’habitant de 33 618 euros, supérieur à la moyenne européenne.

En faisant campagne contre les plans d’aide à des pays endettés de la zone euro, les Vrais Finlandais ont su toucher une corde sensible. Une situation similaire à d’autres pays riches de l’eurozone, touchés eux-même par la crise et devenus plus réticents à régler les factures de leurs partenaires européens. Timo Soini a été clair: “La situation aujourd’hui, c’est que l’Union européenne viole ses propre lois, sa constitution, parce qu’elle interdit les plans de sauvetage, c’est très clair. Et maintenant le problème, c’est que nous ne devrions pas participer aux dettes des autres, nous avons besoin d’une Europe qui soit un espace de libre échange. Je ne suis pas anti-européen, simplement je n’aime pas cette ligne fédérale que le train suit depuis des années…”

A la différence d’autres pays de l’UE, c’est le Parlement finlandais et non le gouvernement qui détermine la politique européenne du pays. Le parti de Timo Soini en viendrait-il à bloquer l’approbation de l’aide d’urgence au Portugal? Bruxelles se veut rassurant.