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Les cartes se mettent au service de l’activisme

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Les cartes se mettent au service de l’activisme

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Les activistes des temps modernes ont une nouvelle arme à leur arsenal : les cartes géographiques. Par exemple, grâce à une carte en ligne (cf. illustration ci-dessus) représentant le parcours d’une manifestation, les participants peuvent indiquer la localisation exacte des forces de police, de barrages ou de toutes autres entraves faites à leur circulation et ce en temps réel. Les étudiants anglais lors des grandes protestations de Londres l’année dernière ont utilisé ce procédé. Bien sûr, pour être efficace, il est impératif que les participants soient connectés.

Cette carte, et beaucoup d’autres, s’inscrivent dans le « maptivism », dressant ainsi une néogéographie, une géographie alternative et participative qui tire parti du web 2.0. Les exemples reposant sur l’utilisation de Google maps sont les plus nombreux. Un projet se propose, par exemple, de répertorier toutes les caméras de surveillance présentes à Paris. Un autre, de diffuser une carte des disquaires indépendants de France. En Chine, un blogueur a quant à lui développé une carte des sites les plus pollués du pays. Un des projets les aboutis reste Ushahidi (“témoin” en Swahili). Crée en 2007 par des militants kenyans en réaction aux violences qui ont suivi l’élection présidentielle, le site recueille des témoignages, collectés via sms et mail, qui apparaissent ensuite sur une carte. Cette idée a depuis été reprise, par exemple, lors du tremblement de terre à Haïti en janvier 2010.


Plateforme Ushahidi mise en place après le tremblement de terre à Haïti, utilisant OpenStreetMap

S’appuyant sur le même support, des initiatives comme OpenStreetMap proposent de créer et de modifier des fonds de carte. Ce projet permet à chaque internaute de contribuer à la mise à jour d’une base géographique totalement libre de droits et modifiable. Pour y participer, chacun peut communiquer ses propres relevés GPS, comme le font les GoogleCar dans le cas de l’application Google maps.


Google cars équipées de caméras pour numériser les grandes villes dans le cadre du service Street View

Moins dans la logique communautaire mais dans la même veine militante, Worldmapper met à disposition des cartes anamorphiques. L’exemple de la peine de mort est particulièrement frappant. L’Iran et la Chine, les deux pays ayant exécuté le plus grand nombre de condamnés en 2010 selon Amnesty International, prennent chacun la taille d’un continent alors que l’Amérique du Sud ne semble plus être qu’une simple ligne verticale. Aujourd’hui, les internautes peuvent ainsi redécouvrir notre monde grâce à 700 cartes sur des thématiques aussi variées que les morts dues aux températures extrêmes ou l’utilisation du préservatif par les hommes.