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Malgré Tchernobyl, l'Ukraine n'envisage pas son avenir énergétique sans le nucléaire

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Malgré Tchernobyl, l'Ukraine n'envisage pas son avenir énergétique sans le nucléaire

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Le 26 avril 1986, le réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl explosait au cours d’un test de sécurité. 25 ans après, l’accident à la centrale japonaise de Fukushima a ravivé la peur du nucléaire dans le monde. Certains ont même parlé du “Tchernobyl” du XXIe siècle. Pourtant selon les spécialistes, ces deux accidents – les plus graves dans l’histoire du nucléaire civil – n’ont pas le même degré de gravité.

“Dans le cas de l’accident de Tchernobyl, la cause initiale était une erreur humaine, aggravée par la technologie et la conception du réacteur. Dans le cas de Fukushima, il s’agit d’une catastrophe naturelle majeure. Du point de vue des conséquences, Fukushima n’est pas comparable à l’accident Tchernobyl”, explique Michel Chouha, représentant de IRSN en Europe de l’Est.

Depuis 25 ans, l’Ukraine s’efforce de limiter les conséquences de l’accident de Tchernobyl. Le pays a reçu le soutien de la communauté internationale qui vient de débloquer la somme de 550 millions d’euros pour construire un nouveau sarcophage au dessus de la centrale, l’actuel étant fissuré. Mais ce projet titanesque fait débat en Ukraine.

“Ce projet de nouveau sarcophage en forme d’arche va être réalisé avec dans des matériaux trop légers et fragiles. Il ne résoudra pas le principal problème : que faire du combustible, que faire des matériaux hautement radioactifs? De plus, le projet est techniquement très difficile à réaliser”, selon Yuri Andriev, président de l’Union Tchernobyl, qui réunit les anciens « liquidateurs ».

25 ans après Tchernobyl, l’Ukraine reste fortement dépendante de l‘énergie nucléaire, qui produit 50% de son électricité. Une proportion qui pourrait augmenter dans les années à venir. Pour les spécialistes, il est essentiel de renforcer les normes de sécurité dans les centrales.

“C’est une énergie potentiellement dangereuse qui peut, certes, rendre de grands services à l’humanité, mais qui reste et restera toujours potentiellement dangereuse », explique Michel Choua. « Si l’homme veut utiliser cette source d’énergie, il va falloir absolument qu’il démontre, qu’il anticipe suffisamment les problèmes qui peuvent apparaître et surtout, qu’il anticipe suffisamment des situations accidentelles graves. Si on ne fait pas cela, c’est sur qu’on court vers l’échec”.