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Le double-jeu pakistanais face au terrorisme

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Le double-jeu pakistanais face au terrorisme

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On l’avait imaginé dans les montagnes de Tora Bora, dans l’Est afghan, voir plus au Sud, dans les zones tribales à cheval entre l’Afghanistan et le Pakistan.

Mais c’est bien sur le territoire pakistanais, non loin de la capitale Islamabad, qu’Oussama Ben Laden a été tué ce dimanche.

Ce qui jette à nouveau le trouble sur le rôle joué par le Pakistan dans la fuite du leader d’Al Qaïda.

Déjà en 2003, Khalid Sheikh Mohammed, le cerveau présumé des attentats du 11 septembre, avait été arrêté à Rawalpindi, ville voisine d’Islamabad.

Idem pour le mollah Baradar, chef militaire des talibans afghans, capturés l’année dernière à Karachi, la capitale économique pakistanaise.

D’où les suspicions envers le Pakistan, pays refuge pour plusieurs réseaux terroristes, et surtout envers l’ISI, les services secrets pakistanais.

Il y a quelques jours, Wikileaks révélait que les Etats-Unis les avaient mis sur la liste des organisations associées à Al Qaïda.

“Il est possible que les services secrets pakistanais aient pensé que la capture d’Oussama Ben Laden aiderait à apaiser les relations entre le Pakistan et les Etats-Unis”, estime le docteur Tahir Ameen, analyste en relations internationales.

Car au-delà des soupçons de double-jeu, les liens entre les deux alliés se sont clairement tendus, malgré les nouveaux accords de coopération signés l‘été dernier.

Islamabad avait demandé le départ de tous les agents américains sur son territoire, après l’arrestation, en janvier dernier, d’un membre de la CIA ayant tué deux hommes travaillant pour les services pakistanais.

Un moyen pour le pouvoir de calmer la frange de sa population la plus hostile à la coopération avec les Etats-Unis.

Ghulam Murtaza, avocat à la haute cour pakistanaise, en fait partie : “Aucune force étrangère ne doit être autorisée à entrer sur le territoire pakistanais. Si un pays a conduit une opération à l’intérieur de nos frontières, cela est contre notre souveraineté. Nous ne devons donner à personne la permission de faire cela.”

Les opérations américaines en territoire pakistanais consistent essentiellement en des attaques de drones dans les zones tribales du Waziristan.

Les protestations sont d’autant plus vives que ces frappes ont fait ces derniers temps plusieurs victimes civiles.

La mort de Ben Laden, bénéfique sur le plan international, pourrait néanmoins causer au gouvernement pakistanais du souci à l’intérieur du pays.