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Les forces spéciales américaines sont intervenues sur le sol pakistanais pour tuer Ben Laden, sans prévenir les autorités d’Islamabad.

Un révélateur de la méfiance des Etats-Unis envers leur allié.

“Dans de nombreux cas, nous avons donné des informations. Et pourtant, nous avons été frappé sous la ceinture. Maintenant, tout le monde dit : “nous devrions poser plus de questions au Pakistan, sur le fait qu’ils ne savaient pas qu’Oussama était chez eux”, ironise Wajid Shamsul Hasan, haut commissaire pakistanais en Grande-Bretagne.

La coopération entre Washington et Islamabad commence pendant la guerre menée par l’Union soviétique en Afghanistan dans les années 80.

Les Américains versent plus de trois milliards de dollars au Pakistan, pour armer la résistance afghane et les moudjahidines étrangers, dirigés, entre autres, par un certain Ben Laden.

En 88, la guerre finie, le Congrès américain reconduit le programme d’assistance au Pakistan.

Mais dix ans plus tard, la révélation par Islamabad de ses premiers essais nucléaires jettent un froid entre les deux pays.

Les aides financières sont coupées.

En octobre 99, les relations s’enveniment un peu plus après le coup d‘état du général Musharraf.

Car le nouveau pouvoir pakistanais soutient les talibans qui ont pris le pouvoir en Afghanistan.

Ce qui n’est plus du tout du goût de Washington, qui soupçonne les maîtres de Kaboul d’abriter Oussama Ben laden, devenu l’ennemi public numéro un après les attentats de 1998 contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya.

Puis vient le 11 septembre 2001.

L’attaque du World Trade Center va tout changer.

Le régime pakistanais choisit son camp à l’heure de l’invasion américaine en Afghanistan.

Le général Musharraf renonce à soutenir les talibans, qu’il n’a pas réussi à convaincre de lâcher Ben Laden, et met ses bases militaires à disposition de l’armée américaine.

La relation entre les deux pays est à nouveau au beau fixe, et l’argent américain est de retour : 20 milliards de dollars versés en dix ans.

Mais cette coopération renforcée va coûter cher au Pakistan : victimes civiles lors des attaques de drones américains dans les zones tribales, afflux de réfugiés afghans et multiplication des attentats par les islamistes.

Malgré cela, les Etats-Unis n’ont jamais fait totalement confiance à leur allié.

Le site Wikileaks a d’ailleurs révélé que l’ISI, les services secrets pakistanais, étaient inscrits par les Américains sur la liste des organisations terroristes.

Malgré les démentis d’Islamabad, la présence sur son territoire de nombreux islamistes, notamment du plus célèbre d’entre eux, continue d’alimenter les suspicions.

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