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Lampedusa : le Haut-commissaire de l'Onu pour les Réfugiés appelle au soutien massif des pays développés

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Lampedusa : le Haut-commissaire de l'Onu pour les Réfugiés appelle au soutien massif des pays développés

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Neil O’Reilly, Euronews :

Certains paient le prix fort des révolutions et changements de régime en Afrique du Nord. Beaucoup d’entre eux ont cherché refuge ailleurs, mais, bien sûr, leurs problèmes ne s’arrêtent pas là. Nous sommes en liaison maintenant par le Haut- commissaire de l’Onu pour les Réfugiés. Antonio Guterres, bonjour, l’Europe a une crise humanitaire à ses portes et vous avez qualifiée sa réaction de “réticente et mince”. Plus précisément, que vous voulez que fassent les Etats membres?

Antonio Guterres, Haut-commissaire de l’Onu pour les Réfugiés :

Quand j’ai parlé de réponse «mince», je ne faisais pas allusion à la crise libyenne en soi, mais je faisais allusion au fait que deux pays, la Tunisie et l’Egypte, connaissaient des révolutions dans lesquelles la démocratie a de grandes chances, je crois, de l’emporter. Mais il y a un risque que ces révolutions soient prises en otage par des forces extrèmistes et il est donc absolument essentiel de témoigner à la Tunisie et l’Egypte la même solidarité que celle pour le Portugal dans les années 70, et qui a permis aux portugais de consolider la démocratie.

Neil O’Reilly:

Vous préconisez une action au niveau européen, Partagez-vous la position de l’Italie, par exemple, selon laquelle les autres Etats membres devraient faire davantage pour aider?

Antonio Guterres :

Je pense qu’il est absolument essentiel d’avoir un soutien massif de l’Europe, mais aussi des pays développés en général, pour s’assurer que la démocratie l’emporte, pour faire en sorte que tous ceux qui veulent que l’Egypte et la Tunisie deviennent de vrais Etats démocratiques modernes puissent surmonter les énormes défis et difficultés auxquels ils sont confrontés. Et soyons clairs, jusqu‘à présent nous n’avons pas observé de la part de l’Europe, ou des États-Unis, ou d’autres pays développés suffisamment de soutien dans cette bataille complexe à laquelle ces gens sont confrontés.

Neil O’Reilly:

Vous avez vous-mêmes reconnu que certains migrants tunisiens profitent de la situation pour trouver une vie meilleure en Europe. Si c’est le cas, comment voulez-vous convaincre l’Europe, et les Européens, car après tout, nous ne parlons pas seulement des politiciens, comment faire pour les convaincre qu’ils devraient accueillir plus de monde?

Antonio Guterres :

La migration est un élément essentiel de la vie de l’Europe aujourd’hui, et il est préférable que cela se passe de façon organisée, il est mieux d’offrir des possibilités significatives de migration légale que de laisser les contrebandiers et les trafiquants tirer avantage des besoins de migration de l’Europe s’il y a une attitude négative, irrationnelle vis-à-vis de l’immigration.