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Affaire DSK : le poids des médias

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Affaire DSK : le poids des médias

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Dominique Strauss-Kahn menotté, fatigué, mal rasé, encadré par des policiers. Des images qui passent en boucle et qui illustrent des pratiques différentes de chaque côté de l’Atlantique.
DSK est-il victime d’une exécution médiatique ?  
Son avocat pense que oui. Il menace de porter plainte contre les médias français qui ont diffusé ces images.  
 
“S’il y a infraction il y a une possibilité de poursuite”, explique son avocat. “Nous allons décider si nous allons poursuivre cette infraction dans les 48h à trois jours qui viennent”
 
Pourquoi porter plainte ? Parce qu’en France la loi  interdit depuis 2000 de montrer à l’écran l’image d’un individu menotté qui ne serait pas encore condamné.
Un moyen de préserver la présomption d’innocence.
 
Une loi qu’a voulue l’ancienne ministre de la Justice Elizabeth Guigou qui dénonce aujourd’hui les intérêts communs des juges et des médias américains.
 
“Je pense qu’il est très important de souligner que le procureur, la juge, sont des élus, et ils ambitionnent d‘être réélus, ici ou dans d’autres fonctions” a déclaré l’ancienne ministre. “Ils ne peuvent pas etre indifférents au fait que des caméras du monde entier sont là et montrent ce qui est en train de se passer.”
 
Dans l’affaire DSK, le procureur Cyrus Vance a laissé les caméras filmer un homme présumé innocent. Mais déjà jugé coupable par de nombreux médias américains. 
Cadré en gros plan le directeur général du FMI apparaît fatigué, exténué. Des images qui ont choqué la France.
 
Mais aux Etats-Unis, rien de surprenant. Surtout quand des personnes riches ou célèbres sont en cause.
Comme Bernard Madoff ou Michael Jackson.
Exhibé menottes aux poignets, DSK a subi ce que les médias d’outre-Atlantique appellent le Perp walk. Une sorte de marche de la honte subi par un accusé que la justice présente aux caméras et photographes sous un mauvais jour.
 
Vendredi, Dominique Strauss-Kahn va comparaitre devant le grand jury. Reste à savoir si les policiers américains l’exposeronT à nouveaux aux flashs des photographes.
Les médias français ont été appelés à la retenue par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. Mais sous la pression de la concurrence, leur marge de manoeuvre est faible. Il se peut que l’on revoie donc DSK menotté, fatigué, encadré par des policiers.