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DSK : des succès et des réformes en suspens au FMI

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DSK : des succès et des réformes en suspens au FMI

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Automne 2007. Dominique Strauss Kahn succède à l’espagnol Rodrigo Rato à la tête du Fonds monétaire international. Une institution alors emblématique du capitalisme occidental et associée aux mesures implacables qu’elle impose aux pays en difficulté.

Mais l’arrivée de l’ancien ministre français fait souffler un vent nouveau sur le FMI. D’emblée, il souhaite le moderniser et lui redonner toute sa place au plan international. “Il faut que le Fonds soit à la fois, utile et légitime. Utile, cela veut dire que le Fonds doit s’adapter,” souligne Dominique Strauss-Kahn ce premier octobre 2007 : “s’adapter à la mondialisation, s’adapter à une nouvelle forme de crise financière que nous pourrions connaître et qui cette fois, partirait des Etats-Unis en plein débat sur les crédits immobiliers à risque. Mais d’autres types de crises peuvent se produire.” Des propos prémonitoires à l’approche de la crise financière.

Parmi les chantiers lancés par Dominique Strauss-Kahn, le redressement des finances du FMI par la vente d’une partie de son or notamment. Les Etats-membres ont également augmenté leurs contributions. Aujourd’hui, l’organisation n’a jamais été aussi riche.

Autre réforme menée par l’ancien patron du Fonds : le rééquilibrage des droits de vote au sein de son conseil d’administration. Pour être plus conforme à la nouvelle donne de l‘économie mondiale, la Chine devient numéro trois en voix. Le Brésil, l’Inde et la Russie obtiennent plus de poids. L’Europe, elle, abandonne deux de ses 24 sièges.

Mais, c’est bien sûr la mobilisation de l’institution face à la crise financière qui marque le mandat de DSK. Dès janvier 2008, le directeur général du Fonds appelle les grandes économies mondiales à se doter de plans de relance.

Il vient aussi à la rescousse de pays européens qui voient leur dette s’envoler dans le sillage de la crise. Le FMI prête 100 milliards d’euros à trois pays défaillants de la zone euro, la Grèce, l’Irlande et le Portugal, et à quatre autres, membres de l’Union : la Hongrie, la Lettonie, la Roumanie et la Pologne.

En échange, l’organisation exige toujours des mesures d’austérité draconiennes. Et là où il a dû intervenir, comme en Grèce, le Fonds est très impopulaire.

Mais ce n’est pas le cas partout. L’annulation des intérêts des prêts pour les pays les plus pauvres a aussi permis d’améliorer l’image du FMI.

Si DSK a remporté des succès importants au cours de son mandat, son départ laisse en suspens la réforme du système monétaire international. Il n’aura pas réussi non plus à changer la vision du monde du FMI qui continue de largement tenir compte des intérêts de ses Etats-membres occidentaux.