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Espagne : les raisons de la colère de la jeunesse

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Espagne : les raisons de la colère de la jeunesse

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En Espagne, voilà plus d’une semaine que dure le mouvement de contestation, symbolisé par ce rassemblement dans le centre de Madrid. Un mouvement aux revendications assez larges. Il y a, entre autres, la dénonciation du système électoral. “On veut une nouvelle loi électorale”, réclament ainsi ces manifestants. En Espagne, le vote se fait à la proportionnelle, mais suivant un savant calcul appelé “loi d’Hondt”, qui profite aux deux grands partis et aux nationalistes, et qui pénalise les petits partis.

Mais les revendications des manifestants sont aussi et surtout économiques et sociales. La moitié des jeunes de moins de 25 ans sont au chômage. Une génération inquiète pour son avenir. “Je ne m’imagine pas rester en Espagne”, témoigne Violeta, étudiante. Elle ajoute : “j’irai ailleurs car ici, c’est trop difficile. J’aimerai voyager à l‘étranger. Je vais poursuivre mes études, mais je vais tâcher de partir à l‘étranger. Ca, c’est sûr !”

A travers leurs revendications, les manifestants témoignent d’un profond malaise, à en croire Miguel Murado, observateur politique. Selon lui, “il s’agit davantage d’un mouvement de protestation politique, comme on l’a vu dans le monde arabe, mais ce n’est pas comme en Grèce où la colère était dirigée contre les mesures du gouvernement”.

“Ici en Espagne, précise-t-il, le gouvernement a adopté des mesures d’austérité, mais c‘était il y a un an. Donc, ce n’est pas ça, la raison principale du mouvement”.

Le plan d’austérité mis en place par le gouvernement Zapatero a été voté en mai 2010. La population s’est serrée la ceinture, mais le problème, c’est qu’aujourd’hui, elle n’a toujours vu les résultats de ses efforts.

Au niveau national, le chômage touche un actif sur cinq. Une situation qui ne s’arrange pas. Et dans le même temps, l‘économie piétine. Les experts prévoient une croissance du PIB de seulement 0,8% cette année.

Enfin, il y a le mauvais état des finances espagnoles. L’an dernier, le déficit public de l’Etat dépassait les 9% du PIB, celui des régions autonomes atteignait près de 3%. Les autorités se sont engagées à réduire très nettement ces déficits dans les deux ans à venir. Il va donc falloir que les régions notamment fassent de grosses économies, elles qui gèrent 36% des dépenses publiques.

Combler les déficits tout en essayant de dissiper le malaise d’une partie de la population, c’est donc une des tâches des autorités. Et c’est là-dessus qu’elles seront jugées lors du prochain scrutin, les législatives, dans moins d’un an.