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Pourquoi les Européens devraient conserver la tête du FMI

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Pourquoi les Européens devraient conserver la tête du FMI

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Deux noms circulent parmi les possibles successeurs de Dominique Strauss Kahn à la tête du Fonds monétaire international (FMI) : le Mexicain Agustín Carstens et la Française Christine Lagarde. Les personnes intéressées ont jusqu’au 10 juin pour déposer leur candidature. L’actuelle ministre française de l’Economie n’a pas encore fait part de ses intentions. C’est pourtant elle qui fait figure de favorite. Elle peut compter sur le soutien des Allemands, des Britanniques, des Italiens, et même, apparemment, des Chinois. Il y a donc de fortes chances pour que le poste de directeur général du Fonds monétaire international revienne à un Européen.

C’est une tradition depuis les accords de Bretton Woods en 1944 et surtout depuis 1946 : aux Américains, la direction de la Banque Mondiale, aux Européens, celle du FMI. Tel est alors, au sortir de la Seconde Guere mondiale, le partage d’influence dans le système financier international.

Mais en 60 ans, le monde a radicalement changé. Fini l’or comme valeur étalon des devises, place aux taux de changes flottants. Sur le plan économique, de nouvelles puissances émergent…

Pour aider les pays en difficulté, le FMI prête de l’argent en échange de plans d’austérité. Actuellement, le Fonds a engagé des prêts pour un montant total de 254 milliards de dollars. Ses plus grands emprunteurs sont la Roumanie et la Grèce (deux pays de l’Union européenne), ainsi que l’Ukraine.

Compte-tenu de ce qu’on appelle la crise de la dette dans la zone euro, l’Europe a tout intérêt à placer un des siens à la tête du FMI. Ce serait stratégique pour le vieux continent.

L’organe suprême du FMI est le Conseil de gouverneurs. Il est composé de 187 personnes, un représentant par Etat membre. La gestion au quotidien est assurée par le Conseil d’administration, à savoir 24 personnes qui représentent des pays ou des groupes de pays. Celui qui préside ce conseil d’administration est le Directeur général, dont le poste est aujourd’hui vacant. L’institution compte au total 2500 personnes.

Ces dernières années, plusieurs voix se sont élevées pour réclamer une réforme de cet organisme et un meilleur équilibre entre les membres. Jusqu‘à présent, ce sont surtout les Etats-Unis et l’Europe qui sont les plus influents. Ce sont eux qui sont les plus gros actionnaires, ils sont, de fait, les plus importants décisionnaires lors des votes. Mais l’influence de l’Europe ne se fait sentir que lorsque ses représentants sont unis.

Et puis la Chine est en train de gagner en représentativité. Mais les Chinois, au même titre que les Brésiliens, les Russes et les Indiens veulent aller encore plus loin, pour que le FMI tienne compte davantage du poids des pays émergents. La candidature d’Agustin Carstrens, le gouverneur de la banque centrale mexicaine, participe de cette revendication, même si ce n’est sans doute pas encore cette fois qu’un non-Européen dirigera l’institution.