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Massacre de Srebrenica : l'amertume des familles des victimes

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Massacre de Srebrenica : l'amertume des familles des victimes

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Ratko Mladic comparaitra pour la première fois à La Haye devant le Tribunal Pénal International pour l’ex Yougoslavie, le 3 juin.

Il répondra de 11 chefs d’accusation, au lieu des 15 initiaux. L’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie est notamment poursuivit pour le massacre de 8000 civils à Srebrenica, en juillet 1995.

16 ans après, l’arrestation de Ratko Mladic réveille la douleur des survivants.

C’est le cas de Fadila qui se souvient d’un homme tout puissant paradant au milieu de ses troupes : “Il avait l’air fier. C’est lui qui prononcait les sentences de morts sur nos hommes et nos enfants. C’est lui qui a ordonné à ses troupes de tous les tuer. Si on avait vraiment voulu le traduire en justice, on aurait du l’arreter il y a 16 ans.”

L’amertume de Fadila… C’est le sentiment qu’ont certains survivants de Srebrenica. Des milliers d’entre eux ont échappé au pire…. mais pour les autres retrouvés dans des charniers, le long processus d’identification n’est pas terminé.

Kadira elle cherche encore les membres de sa famille : “Durant 16 ans j’ai cherché. On a retrouvé mon mari mais où sont mes enfants ? On a juste retrouvé la tête de mon fils ainé, une de ses jambes et une partie de l’autre jambe. Pour mon jeune fils on n’a retrouvé qu’une jambe et un morceau de l’autre. J’attendrai sans doute encore de nombreuses années…. et sans doute je mourrai avant qu’on ne trouve le reste de leurs corps…”

Izudin garde un souvenir particulier de sa rencontre avec Mladic…. C’est lui qui sur ces images recoit une tape amicale du Général…

Alors que devant les caméras on distribuait du chocolat, en coulisse on décidait du sort de milliers de personnes : “Je me souviens qu’on m’a donné une barre de chocolat. Je me suis présenté avec d’autres enfants et j’ai pris cette barre de chocolat.”

Mais ces souvenirs de petit garçon laissent place aujourd’hui au sentiment que les choses auraient pu se passer différemment : “Il aurait du être arrêté avant. Il n’aurait pas du pouvoir se cacher aussi longtemps. On aurait du le retrouver avant.”

Après des années de traque, Ratko Mladic, va désormais devoir faire face à ses juges. Au Tribunal de La Haye, il devra répondre de deux génocides, cinq crimes contre l’humanité et quatre crimes de guerre.