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Portugal : les électeurs face à un dilemme

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Portugal : les électeurs face à un dilemme

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Face à face, les leaders de deux principaux partis portugais : Pedro Passos Coelho, pour le centre droit, et le Premier Minstre socialiste démissionaire, José Socrates. Ils se sont accusés mutuellement d’avoir aggravé la profonde crise que traverse le pays.

Mais tous deux se sont déjà engagés à appliquer le plan de sauvetage du FMI et de l’Union Européenne. Leur marge politique et donc très mince. Et la tache qui attend le gagnant de ces élections législatives anticipées est immense…

Lourdement endetté, le Portugal est devenu le troisième pays européen, après la Grèce et l’Irlande, à devoir faire appel à une aide économique internationale.

Le montant total du sauvetage pour le Portugal s‘élève à 78 milliards d’euros, dont 12,6 milliards versés en urgence afin d’honorer l‘échéance du 15 juin de 7 milliards d’euros en dette et interets.

En échange Lisbonne doit impérativement réduire son déficit de 9,1% du PIB à 5,9% à la fin de l’année en cours.

Soit une économie de 5,7 milliards qu’il faudra faire dans un contexte de récession. Le PIB devrait se contracter d’environ 2% en 2011 et 2012.

Les Portugais s’attendent à de nouvelles hausses d’impôts, dont celle de la TVA qui réduit le marge des commerçants. Rosa Cunha, poissonière, travaille 18 heures par jour, mais cela ne suffit pas : “Avant ce plan d’aide la situation était déjà dure. On était déjà à genou. Et on va devoir payer encore plus et notre situation sera pire encore. On va souffrir. Si on souffre déjà maintenant, croyez moi ce sera pire à l’avenir.”

C’est contre ce fatalisme que le chef du gouvernement sortant, José Socrates, doit se battre pour récuperer la confiance des électeurs. Aujourd’hui, le candidat socialiste ne fait pas figure de favori.

“Les Portugais en ont marre de Socrates mais dans le même temps ils se demandent si ca ne sera pas pire d’avoir le centre-droit avec une apporche plus néolibérale que le FMI au pouvoir ?”, analyse André Freire, de l’Institut universiaire de Lisbonne.

Le candidat du centre-droit, Pedro Passos Coelho, est un ancien cadre du privé, sans expérience gouvernementale. Un point faible selon ses adversaires mais cela ne l’empêche pas d‘être le favori des sondages…