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Elections turques : l'extrême droite et les vidéos porno

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Elections turques : l'extrême droite et les vidéos porno

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En Turquie, la campagne électorale a été marquée par un scandale sexuel qui a touché le MHP, le parti ultra-nationaliste. Cette formation d’extrême droite, dirigée par Devlet Bahceli est actuellement la troisième force politique du pays. Mais voilà, plusieurs de ses cadres ont dû démissionner ces dernières semaines. Et pour cause : un site internet a mis en ligne des vidéos sulfureuses qui montrent ces personnalités en flagrant délit d’adultère.

Ces images auraient été tournées il y a plusieurs années. Mais ce n’est que maintenant qu’elles font surface, à la veille de ces législatives. Il n’en fallait pas tant pour que l’extrême droite crie à la machination et accuse le parti au pouvoir, l’AKP, d‘être derrière ce scandale. L’argument est le suivant : si le parti ultra-nationaliste n’atteint pas la barre des 10%, il n’aura aucun députés. Ses voix seront alors redistribuées selon une méthode favorable aux grands partis. Ce qui pourrait donc servir les intérêts de l’AKP.

Umit Ozdag, candidat du parti ultra-nationaliste dénonce l’apparition de ces vidéos porno durant la campagne. “Ce genre de méthode porte préjudice à la démocratie”, dit-il. Mais il prévient : “cela va se retourner contre ceux qui en sont à l’origine”.

Dans ce genre d’affaires, la question est toujours de savoir à qui est-ce que cela profite ? Chacun se perd donc dans des supputations sur fond de théorie du complot. Au sein même du parti nationaliste, il se dit que certains seraient sur le point de sortir de l’ombre et de provoquer un soulèvement dans les rues. D’autres affirment que ce scandale est le fruit d’une bataille idéologique au sein de l’extrême droite. C’est notamment l’analyse de Mahir Kaynak, ancien responsable des services secrets turcs. “Aujourd’hui, dit-il, la Turquie est devenue une puissance régionale. Elle doit ainsi tenir compte de la situation des Kurdes et entretenir des relations de bon voisinage avec les pays environnants. Or, cette situation ne correspond pas avec l’idéologie du MHP. Et certains ont voulu changer l’idéologie de ce parti. D’où les chantages au travers des vidéos”.

Notre correspondant à Istanbul, Bora Bayraktar, explique que “selon plusieurs observateurs, ce scandale des vidéos a un impact sur la structure politique qui fera émerger une nouvelle constitution. Ces vidéos ont également eu un impact sur la direction des deux partis d’opposition. Reste à savoir si cela aura une réelle incidence sur le choix des électeurs”.