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Giuliano Pisapia : la surpise milanaise

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Giuliano Pisapia : la surpise milanaise

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C’est maintenant une célébrité. Giuliano Pisapia, le nouveau maire de gauche de Milan, est connu dans le monde entier comme celui qui a battu Silvio Berlusconi dans sa propre ville après 18 années de règne.

Mais comment cet homme de 62 ans a réussi là où même le Prix Nobel de Littérature, Dario Fo, avait échoué ?

Giuliano Pisapia, Maire de Milan : “Nous avons envisagé la possibilité d’une alternative à Silvio Berlusconi et une nouvelle façon de faire de la politique. Et c‘était le bon choix. Nous avons refusé de répondre par le mensonge, l’insulte, la diffamation, la gentillesse ou l’ironie et c’est ce qui l’a pris par surprise. “Le rire vous enterrera tous”, c’est ce qui nous a permis de gagner.”

Une stratégie gagnante en effet.

Quelques jours seulement avant le deuxième tour, la maire sortante, Letizia Moratti, l’a accusé lors d’un face-à-face télévisuel d’avoir autrefois volé une voiture ayant servi à un enlèvement du temps des Brigades Rouges.

Mais la vérité était tout autre et les partisans de Pisapia ont répliqué notamment sur Twitter, où ils n’ont pas hésité à tourner Letizia Moratti en ridicule.

Giuliano Pisapia : “D’autres éléments ont été déterminants dans cette élection. Le candidat n’a pas été imposé par l’establishment mais il a été choisi par le peuple. Le programme n’a pas été décidé par un parti mais par plus de 1200 personnes.”

Un choix voulu dès le début, dès sa désignation lors des primaires. Des comités ont été créés et les gens se sont impliqués dans cette campagne.

Des gens ordinaires qui ont organisé des événements, comme ce concert improvisé dans un quartier où Giuliano Pisapia devait se rendre.

Mais qu’est-ce qui a été le plus déterminant : les réseaux sociaux où la mobilisation citoyenne ?

Giuliano Pisapia : “Les deux… Il est évident que Internet est un outil de rencontre très utilisé par les jeunes. Mais si je n’avais pas été présent dans les banlieues, où il n’y avait plus d’enthousiasme, où il n’y avait plus de désir de participer, où le désenchantement était incroyable, je n’aurais pas bénéficié d’un tel consensus. Il est très important de comprendre qu’il faut user d’un langage différent selon les personnes afin de transmettre le même message.”

Le désenchantement… C’est le terme alors que les Italiens ne croient plus leurs politiques. Giuliano Pisapia n’est pas l’homme de establishment, c’est l’homme du peuple.

Et c’est particulièrement vrai auprès de la jeunesse. Comme nous l’explique le fondateur du média de gauche, Radio Popolare, Piero Scaramucci : “Je n’ai jamais vu autant de jeunes dans les rues depuis 1968. Les jeunes en ont réellement assez des leaders politiques traditionnels. Ils ont des choses à dire. Un jour ils ont compris que si ils avaient des choses à dire et bien ils pouvaient le faire.”

Une victoire de la jeunesse mais pas seulement. L‘élection de Giuliano Pisapia est aussi celle de ceux qui voulaient tout simplement dire “Basta Berlusconi”.