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Les Cambodgiens espèrent tourner la page sur 4 ans d'horreur

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Les Cambodgiens espèrent tourner la page sur 4 ans d'horreur

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Aujourd’hui des vieillards âgés entre 79 et 85 ans, tous les quatre occupaient de très hauts postes dans la hiérarchie du régime Khmer rouge: Kieu Samphan, ancien chef d’Etat, Nuon Chea, numéro 2 du parti communiste cambodgien Ieang Sary, ministre des affaires étrangères et sa femme Ieng Thirit, ministre des affaires sociales.

Ils sont les exécuteurs d’une politique d’extermination monstrueuse. Avec leur procès, il sera question de l’idéologie même du régime.

A la tête du système était Saloth Sar, mieux connu sous le nom Pol Pot, appelé aussi Frère Numéro 1 par ses camarades khmers rouges. Les Cambodgiens aimeraient comprendre pourquoi une fois arrivés au pouvoir, ceux qui se présentaient comme des libérateurs se sont mis à massacrer leur peuple pendant 4 ans.

C’est en avril 1975, après plusieurs années de guerre civile, que les troupes menées par Pol Pot et soutenues par le Viet Minh s’emparent du pouvoir.

Communistes d’inspiration maoïste, ils instaurent aussitôt une dictature sanguinaire. Anti-impérialistes, ils prônent l‘élimination des intellectuels. Des milliers de citadins sont déportés à la campagne où ils meurent de faim.

D’autres finiront au tristement célèbre camp S-21. Officiellement réservé aux opposants, il reçoit en fait des gens arrêtés pour n’importe quel motif, comme le simple fait de porter des lunettes.

Hommes, femmes et enfants seront torturés ici avec une extrême violence avant d‘être exécutés. On estime que 15 000 personnes y sont mortes. Lorsque les troupes vietnamiennes pénètrent au Cambodge en 1979, ils découvrent ce camp de l’horreur.

Cachés derrière une pile de linge, ils trouvent 5 enfants. L’un deux mourra peu après. En tout, seulement 7 détenus ont survécu au camp d’extermination S-21.

Le régime Khmer rouge a fait près de 2 millions de victimes. Pol Pot, principal responsable de ce massacre n’a jamais été inquiété par la justice. Il est mort dans la jungle en 1998.

Douch, l’ancien chef du camp S-21, a été condamné l’an dernier à trente ans de prison. Le procès des 4 derniers accusés aidera peut-être les Cambodgiens à tourner la page sur ces 4 ans d’horreur.