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Bruxelles veut réformer la pêche européenne

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Bruxelles veut réformer la pêche européenne

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Une pêche durable. C’est ce que promet la Commission européenne avec le projet de réforme qu’elle rendra public ce mercredi. Cette fois, plus question de transiger. Dès 2013 par exemple, le rejet des poissons en mer sera formellement interdit. Nous sommes allés à la rencontre des pêcheurs de Boulogne-sur-Mer, dans le nord de la France. S’ils rejettent certaines prises, explique Jean-Michel Fournier, propriétaire d’un chalutier, c’est pour se plier aux règles :

“ Déjà, on a pas la place à bord pour stocker des prises non autorisées. Et puis des rejets, qu’est-ce qu’on appelle rejets ? Parce que nous, on rejette du poisson malheureusement parce qu’on manque de quotas. On a pas assez de quotas, donc, on est obligé de rejeter du poisson qui fait la taille. “

Dans ce hangar, les mareyeurs viennent chercher leur achat du jour… On y trouve notamment du bar. Un poisson dont la pêche sera plus contraignante. Le président du Comité National des Pêches, Georges-Pierre Dachicourt, le déplore :

“ Ca, c’est la taille minimale. Ils veulent encore augmenter la taille de ce poisson-là et ça sera du rejet supplémentaire inutile sans aucune raison scientifique de faire plus gros parce que là, il a déjà pondu, donc c’est un poisson qui s’est déjà renouvelé. “

Autre mesure-phare de la réforme : introduire une logique de marché en attribuant aux navires de plus de 12 mètres et à tous les chalutiers des quotas qu’il sera possible de vendre. Objectif avoué : accélérer la restructuration de la flotte européenne pour réduire les capacités de pêche.

“ Ca va mettre dans les mains du capital, des grands capitaux tout cet argent, tout ce poisson et il y aura quelques centaines de personnes qui vont maîtriser les choses, et finie cette petite pêche artisanale que vous avez vu là, fini des gens qui font vivre au quotidien le développement de leur région et du littoral “ , se lamente Pierre-Georges Dachicourt.

D’après les chiffres de Bruxelles, les trois quarts des stocks de poissons sont aujourd’hui surpêchés. Les pêcheurs, eux, voient dans cette réforme un nouvel avis de tempête sur une filière qui prend inexorablement l’eau depuis des années.