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Présidentielle égyptienne et crise lybienne, Amr Moussa se confie à euronews

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Présidentielle égyptienne et crise lybienne, Amr Moussa se confie à euronews

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En visite à Bruxelles, l’ancien secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, nous a accordé un entretien exclusif. Il nous donne son point de vue sur la crise libyenne et la situation en Syrie. Il évoque également ses ambitions présidentielles en Egypte.

euronews :
Monsieur le secrétaire général, croyez-vous que l’Union européenne préoccupée par la crise économique qui frappe certains de ses Etats membres est capable d’apporter un soutien financier efficace et durable aux pays arabes qui sont actuellement en pleine transition ?

Amr Moussa :
L’Union européenne ne sera pas la seule à apporter de l’aide. Il y aura également la Banque mondiale, le Fonds Monétaire International, et les gouvernements des pays industrialisés, sans oublier les capitaux arabes. L’Union pourra néanmoins apporter sa part.

euronews :
L’Europe a été surprise par les révolutions arabes, leurs étendues. La réaction des 27 a été hésitante. Ces divisions lui ont fait perdre de sa crédibilité en raison, notamment, de ce que l’Union n’a pas fait en Tunisie, de ce qu’elle n’a pas compris en Egypte, et de ce qu’elle fait en Libye. Les pays arabes peuvent-ils toujours compter sur l’Union européenne ?

Amr Moussa :
Les pays arabes doivent compter sur eux-mêmes en premier lieu. Les révolutions arabes n’étaient ni dirigées, ni inspirées par l‘étranger. Elles émanaient d’une réalité qui a conduit à la naissance de ces révoltes. Plusieurs d’entre nous les avaient prévu puisque les situations s’étaient aggravées et qu’elles n’étaient plus acceptables, d’où l’explosion qui a surpris l’Occident. L’Occident qui semblait compter sur la stabilité des régimes autoritaires, eux-mêmes basés sur la répression. Nous, dans nos pays, nous sentions l’instabilité de ces régimes et l’arrivée de ces révolutions tandis que l’Occident ne s’y attendait pas. Les Occidentaux font à présent leur autocritique et essaient de comprendre pourquoi leur réaction et leur aide ont été si lentes.

euronews :
Que pensez-vous de l’intervention militaire en Libye ? Croyez-vous que l’Occident serait prêt à intervenir militairement chaque fois qu’il y aura une révolution dans un pays arabe ?

Amr Moussa :
Je ne suis pas convaincu que cela se reproduira. Je pense que le recours à la force n’apporte pas de solution à une situation qui est dangereuse dans ce pays. Le cessez-le-feu en lui-même est un pas important pour calmer les tensions, préserver des vies humaines, et ouvrir la porte à une nouvelle Libye. Je ne crois pas pour autant qu’une nouvelle intervention puisse recevoir l’accord de tous. Reste à savoir s’il est possible d’envisager une intervention arabe, c’est en cours de discussion.

euronews :
La Ligue arabe est directement intervenue dans la crise libyenne, mais pas dans d’autres révolutions. Pourquoi?

Amr Moussa :
La politique de la Ligue arabe n’est pas définie par le secrétaire général mais par ses Etats membres. En ce qui concerne la crise libyenne, il y a eu un vote clair de la part des 22 pays arabes. Quant à la Syrie, les membres sont partagés. Le secrétaire général a un rôle, mais la décision finale dépend du vote.

euronews :
Monsieur Moussa, avez-vous toujours l’intention de vous présenter à l‘élection présidentielle égyptienne, et avez vous déjà un projet défini pour l‘Égypte, à l’image du Général de Gaulle qui avait une idée très précise de ce qu’il voulait pour la France ?

Amr Moussa :
Depuis un certain temps, j’ai bien défini ma vison pour l’avenir de l‘Égypte. C’est pour cela que je suis candidat à l‘élection, parce que j’estime que je pourrai servir l‘Égypte mieux que d’autres candidats.

euronews :
Si vous êtes élu, quel serait l’avenir du processus de paix avec Israël ?

Amr Moussa :
L’avenir du processus de paix et les relations israélo-arabes sont clairs. Ils sont basés sur les décisions prises lors du sommet arabe de 2002, qui a eu lieu a Beyrouth. Les relations entre l’Egypte et Israël sont gérées par un traité bilatéral qui doit être respecté, de part et d’autre, afin qu’il puisse rester en vigueur.

euronews :
Si vous êtes élu, vous engagez-vous à ne pas briguer un deuxième mandat ?

Amr Moussa :
Certainement ! Un seul mandat, et je tiens toujours mes promesses comme vous pouvez en témoigner.