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L'Italie en difficulté est la cible des marchés financiers

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L'Italie en difficulté est la cible des marchés financiers

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Les Italiens ont exprimé une confiance limitée dans la capacité de leur gouvernement à sortir le pays de la crise financière.

Le parlement italien a approuvé vendredi le plan d’austérité de 48 milliards d’euros qui doit faire échec à la propagation de la crise financière.

Mais pour beaucoup les nouvelles mesures d’austérité vont toucher les plus pauvres.

Ces mesures doivent permettre de résorber le déficit budgétaire d’ici 2014, essentiellement par une réduction des dépenses, mais aussi en agissant sur les recettes.

D’autres mesures viendront compléter ce dispositif en 2013-2014.

Les investisseurs ont été désagréablement surpris par les désaccords au sein du gouvernement entre le Silvio Berlusconi et son ministre des finances Giulio Tremonti.

La rigueur qui va se faire sentir, les scandales pour lesquels le premier ministre italien est convoqué par la justice, et la charge de la dette italienne qui gonfle de jour en jour. L’Italie est aujourd’hui la cible de bien des critiques.

“A propos de l’Union monétaire européenne je dirai que c’est toujours un gros risque de retourner en arrière” – Tito Boeri,Professeur à l’Université Bocconi de Milan
 
Annibale Fracasso, Euronews :   
Nous vivons au rythme de la crise de la dette et de sa contagion aux pays de la zone euro, les Etats Unis sur le point de faire défaut, et le mécanisme de l’euro pourrait être démantelé. Nous sommes avec le professeur Tito Boeri, professeur à la prestigieuse université Bocconi de Milan. Professeur, le parlement italien a voté le plan de rigueur mais ce n’est pas suffisant pour retourner le sentiment actuel de suspicion sur l’Italie. Jusqu‘à quel point les ventes massives de titres actuellement à la bourse de Milan sont-elles liées à la fragilité politique du gouvernement Berlusconi ? 
 
Tito Boeri :
“Les marchés et les investisseurs n’ont pas confiance dans notre pays. Ils ont peur que l’Italie n’aie pas la capacité d’appliquer ce qui a été décidé au niveau européen. Et tout ceci a créé un climat négatif qu’il est difficile de rattraper maintenant : il faut donner des signes puissants. Et malheureusement je ne pense pas que ce programme d’austérité soit suffisant pour calmer la spéculation sur le marché.
 
Euronews :
Professeur Boeri, vous parlez d’une crise de crédibilité qui touche la classe politique italienne.  Le recours à de nouvelles élections est-il la seule solution ? 
 
T. Boeri :
Dans ce contexte nous devons donner des signes politiques. Je ne dis pas qu’il faut de nouvelles élections qui pourraient créer une grande instabilité, je pense plutôt à une intervention directe avec la création d’un gouvernement de solidarité nationale, avec un fort soutien de toutes les forces politiques pour appliquer un programme de réformes en faveur de la croissance économique. Ce pourrait être un signal fort, apprécié par les marchés. 
 
Euronews :
Professeur Boeri, comment l’Union européenne a-t-elle fait pour finir dans ce trou noir ?
 
T. Boeri :
Je pense que la classe politique en Europe devrait prendre note qu’il y a beaucoup de problèmes entre les pays et dans les cas comme celui de la Grèce, pour réaliser une restructuration coordonnée de la dette grecque. Au niveau européen, on a créé une union monétaire : cette union doit être appuyée par une plus forte coordination fiscale. Rester au milieu du gué est très dangereux parce que c’est toujours un gros risque de vouloir retourner en arrière.