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Les livres se mettent à la page

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Les livres se mettent à la page

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Sommes nous à l’orée d’une ère du livre 100%électronique ? De plus en plus d’ouvrages sont digitalisés et disponibles sur le web. Certains établissements ont même commencé à équiper leurs élèves de tablettes électroniques facilement transportables.

Ipad : outil ou jouet ?

Branwell Black a 12 ans. Britannique, il vit en Corrèze, dans le centre de la France. Comme tous les élèves de sixième ici, il a reçu un i-pad à l‘école dans le cadre d’une expérience à l‘échelle du département. Un outil qui pour lui, n’a pas changé grand chose.

“C’est une sorte de jouet qu’on a eu gratuitement, dit-il. Nous l’utilisons très peu à l‘école. Quand on s’en sert, c’est seulement pour naviguer sur internet. On ne s’en sert pas pour les devoirs à la maison. C’est un peu une déception, je dirais.”

3.300 tablettes électroniques ont été distribuées en Corrèze. Un investissement de 1,5 million d’euros. Oubliés, les lourds volumes de l’encyclopédie : en cours de documentation, les élèves font désormais leurs recherches sur la toile.

Ordicollège , la société qui chapeaute cette expérience, insiste sur la solidité de ces tablettes électroniques. 1% d’entre elles ont fait l’objet de réparations contre 4% des ordinateurs portables.

Mais après un an d’essai, il apparaît que la vraie limite est celle du contenu.

Interview : Allan Groen

Alors que les livres sont en train de faire leur place place dans le monde des nouvelles technologies, beaucoup pensent qu’on est encore loin de la disparition du livre imprimé.

Allan Groen, directeur associé des services publics de la librairie centrale de la Fondation du Qatar, parle avec Maha Barada de l’avenir du livre.

Maha Barada :
Allan Groen, est-ce qu’on est encore loin de voir des livres comme ceux-ci disparaître ?

Allan Groen :
Je le pense vraiment. Le livre électronique et imprimé présentent tous deux beaucoup d’avantages et d’inconvénients. Et à l’heure actuelle, les livres électroniques sont un phénomène tellement nouveau. Il faudra encore de nombreuses adaptations pour leur garantir un avenir durable.

Maha Barada :
Quels sont les avantages et les inconvénients du livre électronique ?

Allan Groen :
Dans un livre électronique, il est peut-être très facile de faire une recherche, de trouver des informations qui ne sauteraient pas aux yeux. Mais si j‘étudie un roman, j’ai besoin d’avoir tout l’ouvrage sous les yeux, pour en avoir une idée globale. Et je pense que c’est le cas pour de nombreuses matières : vous avez besoin d’accéder au livre dans sa globalité plutôt qu‘à des extraits sur un écran.

Maha Barada :
Quid des pays pauvres ? Les supports du livre électronique comme l’ipad coûtent cher, est-ce que cela veut dire que le fossé entre pays industrialisés et en voie de développement va s‘élargir ?

Allan Groen :
Je ne suis pas un expert du Tiers monde, mais je pense qu’ils peuvent toujours dispenser une bonne éducation. Et je pense que l’accès aux livres sur internet peut les aider. Bien sûr, il faut d’autres choses : ils auront toujours besoin de bons enseignants, de bonnes infrastructures. Mais l’accès à l’information est une pièce de ce puzzle ! Les élèves ont besoin de contenu à apprendre, et les livres électroniques, tout comme les bases de données en ligne, nous donnent accès à tout un monde d’idées, au monde de l’information.

Colombie : une bibliothèque à dos d‘ânes

Dans certains pays pauvres, les technologies éducatives dernier cri ne sont pas les seules à faire défaut. Les outils traditionnels comme les livres papier sont encore hors de portée de nombreux Colombiens vivant dans des régions reculées.

Un enseignant dévoué a cependant pris l’initiative de mettre en place une bibliothèque mobile à dos d‘ânes. Après le bibliobus, voici le “Biblioburro”.

Les deux ânes s’appellent Alfa et Beta. Leur profession : bibliothécaires ambulants.

C’est leur maître, l’instituteur Luis Soriano, qui en a eu l’idée. Avec lui, ils sillonnent le département de Magdalena, le long de la côte atlantique de la Colombie.

Luis Soriano a attrappé le virus des livres dès l’enfance. Plus tard, en tant qu’enseignant, il a pris la mesure du pouvoir de la lecture sur ses élèves, dont la plupart avaient été confrontés à la violence et aux conflits armés à un très jeune âge.

Les livres d’aventure pour enfants sont les plus populaires. Très demandés également, les encyclopédies et les textes médicaux.

Le Biblioburro affiche 4.000 heures de route au compteur. Luis Soriano s’est déjà cassé une jambe et a été agressé et dépouillé en chemin. Pas de quoi le faire renoncer.