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Portugal : le zèle en guise d'austérité

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Portugal : le zèle en guise d'austérité

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Symbole de la cure d’austérité initiée par le nouveau gouvernement portugais, la mise en place dès 2011 d’un impôt exceptionnel équivalent à la moitié d’un salaire mensuel. Une mesure vivement contestée dans les rues. Mais avec 1 millard d’euros ainsi récoltés dans les caisses de l‘état, Lisbonne, quitte à faire du zèle, donne des gages de bonne volonté pour le renflouement des 78 milliards accordés en mai par le FMI et l’UE.

Car face à une dette publique abyssale qui représentait 93% du PIB en 2010, il y a urgence. Laquelle dette devrait même dépasser les 100% du PIB cette année, et continuer à progresser au moins jusqu’en 2012.

A peine élu, le tout nouveau premier ministre Pedro Passos Coelho a donc tenu à adresser ce message fort : le Portugal ne sera pas la Grèce.

“Nous ne relâcherons pas nos efforts tant que nous ne pourrons pas restaurer la confiance. Je peux vous assurer que nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir, avec la Commission Européenne, la BCE et le FMI, pour que le programme d’austerité soit couronné de succés”.

Après trois cures d’austerité initiées par les socialistes, le nouveau gouvernemment de centre-droit s’attaque à des reformes difficiles sur le plan fiscal : réduction des dépenses de l‘état et privatisations, conditions préalables au plan de sauvetage.

Des mesures qui ont aussi un coût sur le plan social : cette année le chômage a flirté avec les 12,5%, il devrait dépasser les 13% en 2012. Quant au nombre de bénéficiaires du salaire mininum fixé à 485 euros, il est passé du simple au double en à peine six ans.

Mais le principal défi reste la croissance économique. Stagnante depuis 2005, elle pourrait même devenir négative dans les prochaines années. Une situation aggravée par la décision de l’agence de notation Moody’s d’abaisser de 4 crans la note souveraine du Portugal, qui se retrouve donc désormais en catégorie spéculative, dite “junk”, pourriture en français.

Très inspirés, des Portugais ont donc eu la brillante idée de retourner le compliment à l’agence de notations américaine, en expédiant par la poste des déchets récoltés dans les rues de Lisbonne.