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Un accord pour conjurer le spectre d'une grande contagion

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Un accord pour conjurer le spectre d'une grande contagion

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La Grèce plongée dans un coma artificiel. Les pays de la zone euro acceptent la perspective de défaut partiel des finances du pays, après l‘échec d’un premier plan de sauvetage de 110 milliards d’euros.

Mais c’est un défaut contrôlé, le deuxième plan de sauvetage étant l’occasion de relâcher la pression exercée par les marchés, mais aussi de créer un embryon de Fonds monétaire européen visant à freiner la contagion au reste de la zone euro.

Les 17 acceptent de donner plus à Athènes mais aussi d‘étendre les délais de remboursement. 109 millards d’euros de rallonge et jusqu‘à 30 ans pour remettre les compteurs à zéro, avec en prime des intérêts considérablement réduits.

“Nous avions besoin d’un plan crédible, nous en avons un désormais. Il traite à la fois les préoccupations des marchés et des citoyens. Il répond également aux préoccupations de tous les Etats membres de la zone euro, estime José Manuel Barroso, le président de la Commission Européenne.”

Pour amortir la faillite partielle de la Grèce et freiner la contagion, les 17 jettent donc les bases d’un Fonds monétaire européen, en discussion depuis mars. Le Fonds de Stabilisation qui sera doté de 440 milliards d’euros dans quelques mois devra être mis à contribution pour racheter la dette dans les marchés, recapitaliser les banques et amortir les effets d’une déclaration de défaut partiel de la part des agences de notation.

“Les gouvernements soutiennent le nouveau programme pour la Grèce, avec une contribution volontaire du secteur privé, s’est félicité Jean-Claude Trichet, le patron de la Banque centrale européenne.”

L’intervention du Fonds européen ambitionne d‘éviter toute spéculation sur la dette grecque, un argument qui ouvre donc la voie à son rééchelonnement par étapes.

“Nous disposons maintenant d’un programme et de décisions qui ouvrent une voie durable pour la Grèce, une gestion durable de la dette de la Grèce. Et au final, il ne s’agit pas seulement de financer un programme, mais aussi d’alléger la charge qui pèse sur le peuple grec, a lancé Georges Papandréou, le Premier ministre grec.”

Une sorte de Plan Marshall consenti par l’UE grâce aux fonds européens pour faire en sorte que le pays renoue avec la croissance économique après des années de stagnation. Parmi les mesures annoncées, le déblocage de fonds structurels pour une période allant jusqu‘à 2013. Bruxelles augmente par ailleurs sa participation aux projets financés.

Autant de mesures pour qu‘à l’orée de la prochaine décennie, le pays puisse enfin voir le bout du tunnel de la dette.