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Vendredi noir pour la Norvège

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Vendredi noir pour la Norvège

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Il est 15h30 vendredi quand la déflagration retentit, assourdissante, en plein coeur d’Oslo. Une explosion d’une puissance telle que les témoins sur place croient tout d’abord à un tremblement de terre.

Les vitres du bâtiment qui abrite le bureau du chef du gouvernement norvégien – un édifice de 17 étages, celles des ministères des finances et de l‘énergie et de tous les immeubles alentours ont volé en éclat. Des débris de verre et de métal ont été projetés à des centaines de mètres à la ronde.

Dans ce paysage de désolation urbaine, les passants, d’abord sous le choc, prennent la fuite. Certains ont le visage en sang.

Une heure et demie plus tard, la police confirme qu’il s’agit d’un attentat à la bombe. Le quartier est évacué et bouclé. Seules les ambulances, les pompiers et les enquêteurs y sont autorisés. Avec des chiens renifleurs ils passent la zone au peigne fin à la recherche d’autres bombes.

Plusieurs personnes gisent, ensanglantées, sur la chaussée.

Le siège du Verdens Gang, le plus grand tabloïde du pays, a également été ravagé. Une chance dans cette tragédie : l’attentat s’est produit un vendredi, en période de vacances. Les rues n‘étaient pas bondées.

Très vite, la police appelle la population à éviter les grands rassemblements. Consigne est donnée de rentrer chez soi.

Alors que le monde entier découvre atterré l’ampleur de cette attaque, le premier ministre travailliste Jens Stoltenberg tente de rassurer la population en s’exprimant par téléphone sur les ondes des médias norvégiens. Il est bien sein et sauf. Il ne se trouvait pas à Oslo au moment de l’attentat. “La situation est grave”, déclare-t-il.

Si grave que l’armée est appelée à la rescousse et prend position à travers la capitale norvégienne, multipliant les contrôles.

Car un autre drame est en train de se dérouler à une heure de voiture d’Oslo. Juste après l’attentat, une fusillade est signalée sur l‘île d’Utoeya, où se déroule l’université d‘été des jeunesses du parti travailliste au pouvoir. 700 jeunes de 15 à 25 ans participent à ce grand rendez-vous annuel.

Un homme déguisé en policier vient d’ouvrir le feu sur la foule. Les jeunes se cachent où ils peuvent, d’autres se jettent à l’eau pour échapper au massacre. La police locale n’est pas armée. Il faut envoyer des renforts. Quand ils arrêtent le forcené, il a déjà tué.

Les enquêteurs en sont convaincus : l’attentat d’Oslo et la fusillade de l‘île d’Utoeya sont liés. Pour la première fois de son histoire, la Norvège vient d‘être la cible d’attaques terroristes coordonnées.