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L’actualité turque est dominée par la démission de quatre hauts gradés de l‘état-major. Pour en parler, Attila Sandikli, universitaire et ancien militaire…

Nezahat Sevim, Euronews :

Dans l’histoire de la république turque, le pays a connu trois coups d‘état. Cependant, 10% des militaires impliqués sont soit en état d’arrestation, soit en jugement. Dans ces circonstances, pensez-vous que ces démissions en chaine sont le signe d’une guerre ouverte entre l’armée et le gouvernement ou cela fait-il partie d’un processus de normalisation ?

Attila Sandikli :

Je pense que ces événements font partie d’une normalisation au moment où la Turquie entame un processus d’adhésion à l’Union européenne. Le système démocratique turc s’améliore de plus en plus. La Turquie a été habituée à des gouvernements controlés par l’armée mais maintenant, comme dans tout pays moderne, nous faisons des progrès avec une armée qui accepte la supériorité du gouvernement et une armée qui laisse le gouvernement diriger.

Euronews :

Si ces démissions avaient eu lieu auparavant il y aurait eu une grosse réaction des Turcs ou un effondrement des marchés turcs ou bien une inquiétude de la part de la communauté internationale. Mais aujourd’hui l’atmosphère est calme… pourquoi ?

Attila Sandikli :

C’est le signe que la démocratie turque a progressé. Les gens n’aiment pas que l’armée fasse pression sur les autorités. Et parce que la nation attend des changements et est prête pour ca, il n’y a pas de crise aujourd’hui.

Euronews :

Quelle sera la vision de la nouvelle direction de l’armée turque ? Vont-ils intervenir dans la politique ? Où ne seront-ils pas impliqués du tout ?

Attila Sandikli :

La nouvelle direction militaire du pays acceptera la supériorité du gouvernement et ils travailleront en harmonie. L‘état-major turc n’avait pas l’habitude de travailler ainsi et c‘était une des principales critiques de l’Union Européenne envers la Turquie.

Euronews :

Certains s’inquiètent du fait que l’armée perde son indépendance ? Que pensez-vous de cela ?

Attila Sandikli :

Si on regarde les dernières nominations, il est clair que le Conseil Militaire Suprême a agi conformément à la législation. Pour les plus hauts gradés, il a choisi des personnalités qui peuvent travailler en harmonie avec le gouvernement. Mais pour les moins gradés, il n’est pas intervenu du tout. Gardez bien cela à l’esprit : rien ne nous dit que le gouvernement a formaté l’armée pour son propre intérêt ou a violé son autonomie.

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