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Il y a 50 ans, le Mur de Berlin

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Il y a 50 ans, le Mur de Berlin

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Berlin. La Porte de Brandeboug, il y a 50 ans. C’est là, dans la nuit du 12 au 13 août 1961 que débuta la construction du Mur de Berlin, le “Rideau de Fer” comme on le surnommera pendant 28 ans.

“Mur de la honte” pour les uns, “Mur de protection antifasciste pour les autres”, ce mur, qui atteindra quatre mètres de haut et s‘étendra sur plus de 150 kilomètres, deviendra l’une des frontières les plus surveillées au monde.

En 30 ans, plus de 130 personnes cherchant à passer de Berlin-est à Berlin-Ouest perdront la vie en essayant de le traverser.

Pourquoi?

En 1961, Berlin occupe une place bien particulière sur l‘échiquier international. A la sortie de la seconde guerre mondiale, les grands vainqueurs se sont partagés la capitale allemande. Mais nous sommes en pleine guerre froide. Le conflit qui oppose les Etats-Unis et l’Urss conduit à la division de l’Allemagne avec d’un côté, la RFA, Etat libéral et capitaliste et de l’autre la RDA, Etat communiste et satellite de l’Urss. Le mur de Berlin devient le symbole d’une Europe divisée.

Avant 1961, à Berlin, le frontière était ouverte. Il suffisait de traverser la rue pour se retrouver du côté ouest de la ville.

En 12 ans, de 1949 à la construction du mur, près de trois millions de gens ont ainsi fui l’Etat est-allemand, privant le pays, alors en pleine reconstruction, d’une main d’oeuvre indispensable.

Et puis il y eut le mur. Pour les seuls quinze premiers jours d’aôut 1961, près de 50 000 personnes passèrent à l’Ouest par Berlin.

Devant l’afflux de réfugiés, des camps sont dressés, comme est dressé le portrait d’une RDA à l’agonie par la télévision ouest-allemande.

“L’Allemagne de l’Est agonise. La pénurie de main d’oeuvre de plus en plus accentuée aggrave la crise économique en RDA. Khrouchtchev menace de fermer l‘échappatoire de Berlin”, annoncent les journalistes.

Nikita Khrouchtchev, l’homme fort du Kremlin. Celui qui, en 1961, s’opposera à John Fitzgerald Kennedy. Le tout jeune Président américain qui avait déjà essuyé quelques mois plus tôt une défaite cuisante lors du débarquement de la Baie des Cochons à Cuba.

En avril 1961, l’invasion mercenaire de Playa Girón sera en effet un échec total. Un argument dont se servira Khrouchtchev pour accentuer la pression sur Kennedy concernant la question de Berlin-Ouest.

En Juin 1961, pour enrayer la fuite massive des citoyens est-allemands vers l’Ouest, Khrouchtchev ordonne la construction du Mur de Berlin.

Alors qu’en Allemagne de l’Ouest c’est l’indignation, Kennedy mise sur le pragmatisme. “Ce mur n’est pas une solution très élégante mais un mur vaut mille fois mieux qu’une guerre”, dira le président américain le 14 août 1961.

Pourtant, il règne dans la capitale allemande un climat de guerre. En témoignent des images tournées sur la Friedrichtstrasse, au Checkpoint Charlie, le célèbre point de passage entre le secteur américain et le secteur soviétique.

«Tous les alliés avaient le droit de passer la frontière avec leurs familles sans montrer leurs papiers. Et naturellement, ce n‘était pas dans l’intérêt de Berlin-Est qu’un Américain vienne avec sa famille, car les contrôleurs ignoraient s’il s’agissait vraiment de proches ou si l’Américain en question tentait de faire traverser des gens de l’Est”, se souvient Peter Steinmann. Il avait 15 ans à l‘époque.

Pour fuir la RDA, depuis les maisons attenantes au mur côté est, des familles entières allaient jusqu‘à sauter de l’autre côté de la rue. Sur la rive ouest, les pompiers tentaient alors de les rattraper grâce à des filets de sauvetage.

Pour mieux surveiller la frontière, ces maisons de la BernauerStrasse ont à l‘époque été détruites. A leur place aujourd’hui, on trouve des plaques commémoratives et une église, celle dite de la “Réconciliation”. Construite après la chute du Mur elle est un endroit bien spécial pour Birgit.

«J’ai été baptisée ici au printemps 1950. En 1985, l‘église a été dynamitée, c‘était triste. Le Mur se situait juste devant l‘église, tout comme, à droite et à gauche, les maisons depuis lesquelles les gens sautaient par les fenêtres”, dit-elle.

Aujourd’hui, côté ouest de la BernauerStrasse, se trouve encore une tour de guet de l‘époque. subsistent aussi des fragments du Mur. La BernauerStrasse est, de nos jours, la Mémoire du Mur de Berlin, comme le sont le Reichstag ou la porte de Brandebourg.

Rosemarie Gratz, euronews, envoyée spéciale à Berlin:

“Voilà le même chemin que celui que j’ai emprunté il y a exactement 50 ans. C‘était le soir du 12 août 1961. La collégienne de 14 ans que j‘étais, était alors loin d’imaginer que s‘élèverait ici, le lendemain, un mur et une frontière. Un mur qui deviendrait par la suite et pendant 28 ans le symbole de la division d’une ville, d’un pays et du monde autour de deux blocs hostiles.