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Les rebelles libyens à l'épreuve de l'unité

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Les rebelles libyens à l'épreuve de l'unité

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Il était leur ennemi commun, la raison de leur union.

Le 12 avril, dans une déclaration publiée à Paris 61 tribus libyennes affirmaient leur volonté de construire une “Libye unie” une fois le “dictateur Kadhafi parti”.

L’unité, un enjeu majeur au sein même du CNT, le Conseil National de Transition. Le porte-drapeau politique des rebelles apparaît fragilisé par des querelles internes, et notamment depuis l’assassinat fin juillet du chef d’Etat-major de la rébellion, Abdel Fattah Younès.

Alors que la mort de cet ex-ministre de l’Intérieur de Kadhafi reste entourée de mystère, sa tribu des Al-Obeidi, une des plus puissantes de Libye, menace de faire justice elle-même.

Rivalités tribales, donc, mais aussi diversité des courants politiques, le CNT est un ensemble composite, avec en sein plusieurs factions d’insurgés.

C’est dans l’est, à Benghazi, ville historiquement frondeuse, que la révolution est née, aussitôt matée par la répression sanglante de Tripoli. C’est là que s’est constitué à la mi-mars le Conseil national de transition, reconnu depuis par une trentaine d’Etats sur la scène internationale.

Mais d’autres poches de résistance ont contribué à la victoire de la rébellion, et notamment Zintan, petite ville du nord-ouest, perchée dans les montagnes du Djebel Nefoussa, où la France a livré des armes en juin. Négligés par les forces de Kadhafi, ce sont ces rebelles-là qui ont marché sur Tripoli. Or, ils ne sont pas représentés au sein du CNT.

Aucune coordination réelle n’existe entre la quarantaine de factions plus ou moins indépendantes, qui se sont soulevées contre le colonel Kadhafi. Le projet d’unité apparaît d’autant plus compromis que le bureau exécutif du CNT a été dissout début août. A ce jour, ses membres n’ont pas été remplacés. Nul ne peut donc dire aujourd’hui si les commandements locaux feront allégeance au CNT demain.

Cette cacophonie ambiante fait craindre, enfin, la résurgence d’un islam radical en Lybie.

Dépasser les divisions internes apparait donc comme une gageure pour le CNT, qui ambitionne de construire un état démocratique.