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L'OTAN exclut une intervention au sol pour l'après-Kadhafi

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L'OTAN exclut une intervention au sol pour l'après-Kadhafi

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C’est l’une des premières interventions armées de l’OTAN où les Etats-Unis ne sont pas apparus en première ligne, laissant volontairement la Grande-Bretagne et la France jouer les premiers rôles.

En quelque 20 000 sorties aériennes conduites en moins de 5 mois, l’OTAN a fourni une aide décisive aux rebelles libyens malgré quelques couacs au début, en avril. Alors que la Libye entre dans une période de transition, beaucoup s’interrogent sur le rôle à venir de l’Alliance atlantique dans le pays.

Bienvenue sur Euronews, Amiral Giampaolo Di Paola. Vous êtes la plus haute autorité militaire de l’OTAN, à la tête du comité militaire de l’Alliance atlantique.

Euronews : Tout d’abord, Amiral, où se trouve Kadhafi, à Tripoli ou à Syrte ?

Amiral di Paola : Nous ne savons pas. Il y a des hypothèses émises par le Conseil national de transition qui a sans doute davantage d‘éléments pour savoir quel peut être le comportement de Kadhafi, ses mouvements. On parle de Syrte, de Tripoli ou du sud du pays.

Euronews : Le ministre de la défense britannique Liam Fox a déclaré que l’OTAN collaborait aux efforts pour retrouver Kadhafi. Pouvez-vous confirmer cette information ?

Amiral di Paola : Je ne commenterai pas les déclarations auxquelles vous faîtes référence. Le travail de l’Alliance n’est pas de traquer les personnes. Nous essayons d’obtenir des informations depuis l’espace aérien.

Euronews : Peut-on imaginer une intervention terrestre de l’OTAN, pour l’après-Kadhafi et à quelles conditions ?

Amiral di Paola : Les conditions ne me semblent pas réunies. C’est au Conseil national de transition qui sera l’autorité légitime de l’après-Kadhafi et aux Nations Unies de définir quel type d’assistance est nécessaire. L’OTAN a fait part de sa disponibilité pour jouer un rôle non pas de guide mais de soutien. Et de toute façon nous ne prévoyons pas, ou plus exactement, nous excluons la possibilité de troupes au sol sous le commandement de l’OTAN. Même pour l’après-Kadhafi. Et il ne me semble pas que l’orientation des Nations unies soit différente.

Euronews : En Libye règne une grande insécurité. Il y a beaucoup d’armes qui circulent. Selon les estimations du Pentagone, on parle de 20 000 missiles sol-air, des estimations sûrement exagérées, critiquées par d’autres experts mais qui donnent bien l’idéé d’un arsenal militaire imposant qui pourrait tomber entre les mains des forces loyalistes. Que peut faire l’OTAN pour garantir la sécurité du pays ?

Amiral di Paola : La sécurité du pays après Kadhafi dépendra du gouvernement légitime de Libye et donc du peuple libyen. La manière dont le Conseil national de transition se comporte laisse bien augurer de sa capacité à assurer la sécurité du pays. Naturellement, il leur reviendra de requérir de l’aide. Je rappelle que l’OTAN a déjà travaillé dans d’autres pays pour neutraliser un arsenal.

Nous avons l’expertise. S’ils veulent en bénéficier, nous la leur fournirons.

Euronews : Peut-on faire une comparaison avec l’Irak ? Nous avons déjà vu de premières images d’exécutions sommaires. Il y a bien un risque de conflit entre tribues rivales ?

Amiral di Paola : La communauté internationale et le conseil national de transition ont tiré les leçons de l’Irak. Je crois que le Conseil national de transition peut et veut ouvrir un processus inclusif dans lequel toutes les composantes de la société libyenne seront partie prenante, y compris ceux qui soutenaient encore récemment Kadhafi.

Euronews : Une dernière question. Est-ce que les rebelles ont crié victoire trop tôt ?

Amiral di Paola : Il ne me semble pas qu’ils aient encore crié victoire. Ils sont convaincus, tout comme nous, que la victoire est inévitable, et qu’il n’y a pas d’avenir pour Kadhafi ni pour ceux qui s’obstinent à le soutenir. C’est uniquement quand tout danger sera écarté pour la population que l’on pourra rééllelement construire l’après-Kadhafi.