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Jean-Claude Trichet loue la résistance de l'euro

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Jean-Claude Trichet loue la résistance de l'euro

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Chahutée pendant la pause estivale, l’Eurozone était au menu de la rentrée parlementaire à Bruxelles. Parmi les responsables venus s’adresser aux eurodéputés, le commissaire Olli Rehn. Il admet que la reprise est compromise mais ne croit pas au remède miracle des euro-obligations :

“Les euro-obligations, sous quelque forme qu’elles soient introduites, devraient s’accompagner d’un renforcement substantiel de la surveillance fiscale et de la coordination des politiques. C’est une contrepartie essentielle pour éviter les risques et assurer la soutenabilité des finances publiques. “

Critiqué par l’Allemagne pour avoir acheté de la dette italienne et espagnole, le président de la Banque centrale européenne a eu droit aux félicitations des eurodéputés. Interrogé par euronews, Jean-Claude Trichet s’est voulu rassurant :

“ Je commencerai par la question la plus urgente. L’Euro peut-il être sauvé ? “, lui a demandé notre collègue Fariba Mavaddat.

Jean-Claude Trichet : “ L’euro est une monnaie très solide qui a remarquablement bien conservé sa valeur au fil du temps, sa valeur au plan interne et sa valeur internationale. Personne ne remet en cause l’euro en tant que monnaie. Si l’euro en tant que monnaie était remis en cause, ce qui se passe sur les marchés n’aurait pas lieu. De plus, si je considère la zone euro dans son ensemble, fondamentalement, sa situation est très solide. Laissez-moi vous donner un exemple : les déficits publics. Dans la zone euro, nous avons peu ou prou un déficit qui représente 4,5% du PIB alors qu’aux Etats-Unis il est de 10%, de 10% également au Japon et est très élevé dans d’autres puissances économiques. Le problème que nous avons dans la zone euro est un problème de crédibilité qui concerne certains pays, mais ce n’est pas la zone euro dans son ensemble qui est en cause ni bien sûr la monnaie en tant que telle. “

euronews : “ L’opinion publique semble avoir perdu confiance dans les gouvernements et les dirigeants. Elle a l’impression que le monde est contrôlé par la finance et les agences de notation. “

Jean-Claude Trichet : “ Tous les gouvernements, en Europe en particulier, tentent de faire face à une situation qui est évidemment difficile. Nous vivons une période de l’histoire mondiale qui est très particulière. C’est la crise financière la plus grave, et la crise économique la plus grave depuis la seconde guerre mondiale. C’est quelque chose d‘énorme. C’est énorme en Europe, c’est énorme aux Etats-Unis, c’est énorme au Japon et ça l’est pour le reste du monde. Et bien évidemment, nous devons améliorer la situation, nous devons tirer les conséquences de cette crise dans tous les domaines, y compris sur les marchés et dans le secteur financier où de nombreuses réformes doivent être rigoureusement appliquées. Et puis, en Europe, nous avons des difficultés à améliorer notre gouvernance. “

euronews : “ Est-ce que cela résoudrait le problème si une ou deux économies chancelantes de la zone euro abandonnaient la monnaie unique ? “

Jean-Claude Trichet : “ Ceux qui ont fait mauvaise route dans le passé doivent corriger leur trajectoire. Il est très intéressant de voir aujourd’hui quelles sont les économies les plus avancées en termes de résistance à la crise. En dehors de l’eurozone, il y a le Canada. Or le Canada a connu d’immenses difficultés dans les années 90. Il y a la Suède et les pays scandinaves, qui eux aussi ont eu de gros problèmes dans les années 90. C’est en tirant les leçons de ces difficultés et en corrigeant la trajectoire que l’on devient plus résistant. “

euronews : “ Comment brider les agences de notation qui se sont révélées très problématiques ? “

Jean-Claude Trichet : “ Une fois encore, c’est une question à l‘échelle mondiale. Il est clair que nous avons une situation oligopolistique avec un très petit nombre d’institutions qui exercent leur influence sur un très grand nombre de marchés et d’intervenants. Mais il n’y a pas de solution immédiate dans ce domaine. Nous devons donc rester prudents. “