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Les pompiers new-yorkais souffrent toujours, dix ans après le 11 septembre

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Les pompiers new-yorkais souffrent toujours, dix ans après le 11 septembre

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Le capitaine John Jonas travaille pour le département d’incendie de New York. Le 11 septembre 2001, il se trouvait dans l’une des tours : « On était en train de secourir une femme. La tour Nord s’est effondrée alors que l’on se trouvait encore au 4ème étage ».

Dix ans après le 11 septembre, John Jonas n’en revient toujours pas d’avoir survécu à l’effondrement de la tour Nord. Son épouse, Judy, se souvient de ces moments d’angoisse : « Nous savions qu’il avait été pris au piège. Trois pompiers sont venus chez moi. Ils m’ont embrassée. Je pleurais, j‘étais très nerveuse. Ils m’ont dit : ne t’en fais pas, on va ramener l’oncle John, on va le sauver. Ils avaient les larmes aux yeux ».

John Jonas raconte la suite : « Nous sommes sortis des ruines quelques heures plus tard. Si nous étions descendus plus vite, si nous avions atteint le rez-de-chaussée, nous aurions certainement péri. Si nous avions été plus lents, nous n’aurions peut-être pas survécu non plus. C’est comme s’il fallait que l’on soit là où on était ».

“ Pourquoi a-t-il survécu? », se demande encore Judy. « Il y a tant de gens bien qui sont morts ce jour là. Et John quand il y pense, il dit : j’espère au moins que j’en vaux la peine. Il me le dit souvent ».

Danny Mugan est pompier depuis près de 12 ans. Il n’aime par parler du 11 septembre mais préfère évoquer les risques liés à son métier. Selon lui, depuis les attentats, sa profession a progressé en matière de sécurité : « C’est dommage mais c’est comme cela que ça marche dans n’importe quelle industrie. Il faut qu’une personne se blesse pour que les choses changent. Il faut que quelqu’un meurt pour que les choses s’améliorent. Avant, personne ne portait de harnais. Mais comme cinq de nos gars sont morts, on est obligé aujourd’hui de l’avoir sur nous. Avec le harnais, je peux sauter par la fenêtre, m’accrocher à n’importe quel tuyau ou rebord de fenêtre. Je peux descendre à plus de 15 mètres ».

Dany Mugan est d’origine irlandaise comme beaucoup de pompiers qui ont péri le 11 septembre 2001. En tout 343 pompiers sont morts ce jour là à New York. Beaucoup de ceux qui ont survécu ont quitté leur métier à cause de problèmes physiques ou psychologiques.

Sur le site de Ground Zero, nous retrouvons Brenda Berkman. Cette pompière, aujourd’hui à la retraite, se souvient de l’enfer des décombres du World Trade Center : « Nous n’avions pas d’eau pour éteindre le feu, pas de radio pour communiquer, pas de masque à oxygène pour nous protéger de la poussière.

J’ai perdu un tiers de ma capacité respiratoire après les attentats. Les autorités ne vont pas inclure les cancers dans le programme de traitement médical des survivants du 11 septembre. Ceci n’a aucun sens. Tout ce que j’ai envie de dire c’est : ne nous oubliez pas ».

Le 11 septembre n‘était qu’une journée mais pour les pompiers ce jour a duré près de neuf mois. Neuf mois dans les ruines, la fumée, le danger et le deuil. Beaucoup d’entre eux ont encore besoin de se reconstruire. Car les blessures ne sont pas uniquement physiques. Comme les vétérans de guerre, les survivants du 11 septembre souffrent de dépression et font régulièrement des cauchemars.

Tom Ryan a quitté sa caserne deux ans après les attentats : “ On a dû faire des choses impensables comme récupérer des corps. Ce n‘était même pas des corps, c‘était des morceaux humains. Il y avait en même temps beaucoup d‘émotion car nous avions perdu des amis dans les tours.

Vous savez, c’est comme une chaîne qui est attachée autour de vous et dont vous n’arrivez pas à vous défaire. Peu importe ce que vous faites, vous pouvez prendre n’importe quelle drogue, la douleur est toujours là».