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Le probable défaut de la Grèce sur sa dette : les banques françaises sont fortement exposées

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Le probable défaut de la Grèce sur sa dette : les banques françaises sont fortement exposées

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Malgré les déclarations rassurantes des responsables politiques, monétaires et bancaires en Europe, le scénario de la faillite de la Grèce est en train de se réaliser. Parmi le tourbillon d’informations angoissantes on retiendra la nouvelle et très mauvaises séance des titres bancaires en bourse : à Paris notamment au sein de l’indice Cac40. Alimentant les craintes des investisseurs sur les conséquences d’un défaut grec dans les comptes des grandes banques françaises, l’agence de notation Moody’s pourrait dès cette semaine dégrader BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale. C’est ce qui explique lundi les ventes massives observée sur ces titres. Les banques françaises sont au monde les établissements les plus exposées aux dettes grecques, publique et privée, devant les banques allemandes avec 57 milliards d’euros. Crédit Agricole qui revendique 600 millions d’euros de dette souveraine grecque, est exposé via sa filiale grecque Emporiki à environ 30 milliards d’euros de crédits divers aux particuliers et aux entreprises du pays.

“Je pense que la faillite de la Grèce, elle est dans les cartes déjà depuis plusieurs mois. Ce qu’on s’est posé comme question, c’est quand ? Ce qui serait vraiment désastreux, explique André Sapir du Think Tank Bruegel, ce serait d’avoir une faillite non préparée: c’est à dire finalement une restructuration de la dette greque plus importante que celle qu’on a eu le 21 juillet”.

La BCE a beau affirmer qu’elle peut distribuer autant de liquidités que nécessaire aux banques commerciales de la zone euro, le ministre français des finances marteler que les banques françaises répondront à n’importe quel scénario sur la dette grecque : la baisse de 53% sur le titre BNP Paribas depuis le premier juillet, montre que les investisseurs boursiers sont loin d‘être d’accord.

Duplex avec Philippe Waechter : directeur des études économiques Natixis

Euronews : Annibale Fracasso

“La panique et les ventes massives tenaillent depuis trois mois les places financières européennes. Aujourd’hui les banques françaises sont en ligne de mire, et l’euro est à son niveau le plus bas depuis 10 ans, Philippe Waechter, vous êtes directeur des études economiques chez Natixis Asset Management, la bulle financière est donc arrivée dramatiquement dans le coeur de l’Europe?

Philippe Waechter : Directeur des études économiques chez Natixis

Clairement ce qui a posé un souci durand le week- end c’est qu’effectivement en fin de semaine dernière le fait que apres la démission de Jürgen Stark de son poste de chef économiste de la BCE, on aurait pu attendre : on a pu espérer des interventions beaucoup plus massives des gouvernements au cours du week-end parce qu’on a bien vu que vendredi dernier , vendredi après-midi, les anticipations des investisseurs étaient, reflétaient une interrogations forte sur la situation de la zone euro, la façon dont la Grèce allait pouvoir se sortir de cette situation, de cette passe difficile. On est dans une situation qui reste extrêmement périlleuse et qui nécessite très clairement l’intervention des gouvernements parce que l’euro est avant tout une construction politique, l’Europe est une construction politique et de ce fait-là, les gouvernements doivent intevenir, doivent donner un signal, doivent donner un sens à cette construction de la zone euro, à cette construction européenne; et c’est ça qu’attendent aujourd’hui les investisseurs.

Eu ronews :

Si la situation empire, BNP Paribas, Crédit Agricole et Société générale, qui sont les trois piliers sur lesquels est fondée le système bancaire français, seront probablement partiellement nationalisés. Ceci ne risque pas d’enflammer encore plus les marches boursiers et de faire exploser la zone Euro ?

Ph Waechter

Ces Banques détiennent des actifs, des dettes souveraines, italiennes ou grecques et on voit bien que la dégradation de ces dettes peut peser sur leurs portefeuilles. C’est pour ça qu’une des solutions plutôt que d’attendre que ces banques voient leur situation se dégrader de façon durable, et bien c’est pour ça que la Banque centrale européenne doit intervenir pour limiter les risques associés à la situation actuelle qui si effectivement on la déroule, peut avoir des allures et des conséquences dramatiques.

Euronews

La démission de Jürgen Stark est la preuve d’une aggravation des tensions entre le nord et le sud de l’Europe?

Ph Waechter

C’est une tension d’abord au sein de la Banque centrale européenne, qui montre bien – et on l’avait vu au mois d’aout lors de la conférence de presse de Jean-Ckaude Trichet – il indiquait bien que tout le monde n‘était pas d’accord sur le programme de rachats d’obligations et finalement le départ de Jürgen Stark pourrait éventuellement redonner des degrés de liberté à la Banque centrale européenne pour intervenir sur la dette de façon plus directe et peut-être plus durable. Le successeur de Jürgen Starck à priori apparaît – au regard de son curriculuum vitae – un peu plus pragmatique que l‘était Jürgen Stark. On pourrait éventuellement trouver des éléments de solution avec cette arrivée au sein du “board” de la Banque centrale européenne.