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Etienne Bruneau est apiculteur à Louvain-la-Neuve, en Belgique. Il gère une centaine de ruches et se dit aujourd’hui inquiet. Une décision de la Cour Européenne de Justice a récemment conduit au retrait du marché d’un miel allemand. Il était contaminé par du pollen issu du maïs transgénique d’un champ voisin.

“ Le miel, c’est un produit nature, un produit santé, l’OGM ça a tout sauf cette image-là. On ne va jamais prendre un OGM pour se soigner. Donc, le consommateur, face à un produit étiqueté OGM, il va le prendre parce que c’est un produit de base qui coûte moins cher mais certainement pas pour son image santé “ , explique-t-il.

En Europe, les Etats membres peuvent décider d’une distance de sécurité entre les cultures OGM et les cultures conventionnelles. Mais pour notre apiculteur, cela est loin de suffire.

“ Théoriquement, il y a des règles de coexistence, mais le principe de coexistence va dépendre d’une région à l’autre en Europe. Il y a des régions pro-apiculteur qui vont bien les défendre et il y en a d’autres pour lesquelles l’apiculteur ne représente rien. “

Des experts européens devront discuter des conséquences de cette décision de justice. La Cour estime que l’apiculteur allemand dont le miel a été contaminé doit être indemnisé par le land de Bavière, car le maïs de Monsanto n’est pas censé intervenir dans la production de miel. Pour l’eurodéputée Corinne Lepage, il faut repenser la législation sur les OGM :

“ C’est une ouverture très importante. C’est une vraie brèche dans le système qui aujourd’hui ne permet pas d’indemnisation du fait de la pollution par OGM. “

Esther Herranz Garcia est une eurodéputée espagnole. Son pays est celui où les cultures d’OGM occupent les surfaces les plus importantes d’Europe. Et elle entend couper court à toute polémique :

“ Entre autres choses, il faut rappeler à la population que jamais il n’y a eu une alerte sanitaire concernant les OGM et que d’ailleurs jamais il n’a été prouvé qu’ils puissent être nocifs pour la santé. “

Actuellement, le miel européen est déjà soumis à des tests de qualité. Tout apiculteur doit faire analyser sa production par des laboratoires comme celui-ci. Mais de nouveaux tests pourraient être imposés aux apiculteurs pour prouver que leur miel ne comporte pas d’OGM.

“ Chaque analyse va lui coûter au minimum 150 euros. Ca pourrait monter jusqu‘à 500 euros dans certains cas. Ce qui est tout à fait impossible pour un petit apiculteur, même pour un apiculteur moyen “ , déplore Etienne Bruneau.

Si le pollen de maïs transgénique était autorisé pour le miel, il faudrait indiquer la présence d’OGM sur les étiquettes. Une bonne partie du miel importé en Europe provient de Chine et d’Argentine, deux pays qui cultivent les OGM.

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