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Les affirmations de DSK à la lumière du rapport du procureur

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Les affirmations de DSK à la lumière du rapport du procureur

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Treize millions de télespectateurs français ont écouté ce dimanche soir Dominique Strauss Kahn pour sa première vraie interview depuis l’affaire. De l‘écoeurement des féministes à la gêne de la classe politique en passant par le scepticisme de la rue, les réactions sont nombreuses.

Plusieurs fois, DSK a brandi le rapport du procureur Cyrus Vance Jr. pour appuyer ses dires. Décryptage.

Lors de l’interview, l’ancien patron du FMI a affirmé: “ce qui s’est passé ne comprend ni violence, ni contrainte, ni agression, ni aucun acte délictueux; c’est le procureur qui le dit”.

Voilà précisément ce qui est inscrit dans le fameux rapport du procureur : “les preuves physiques, scientifiques et d’autres natures, indiquent que l’accusé a engagé un acte sexuel précipité avec la plaignante. Mais cela ne permet pas de dire qu’il y a eu rapport forcé, sans consentement”.

C’est en fait bien cela, le coeur de la défense de DSK, repris par le procureur : quel que soit ce qui s’est passé dans la suite de l’hôtel, il n’y a pas de preuves suffisantes pour engager des poursuites.

Pas de preuves suffisantes, pas non plus de témoignages suffisamment crédibles de la part de la plaignante. Un argument repris ce dimanche soir par Dominique Strauss-Kahn : “il dit, ce rapport, c’est écrit dedans : ‘elle (Nafissatou Diallo, NDLR) a présenté tellement de versions différentes de ce qui s’est passé que je ne peux plus en croire un mot’. Il dit : ‘dans pratiquement chaque entretien que nous avons eu avec elle, elle nous a menti’.”

Dans son rapport, le procureur souligne effectivement “la nature et le nombre des mensonges” de la plaignante. “Cela nous empêche de faire confiance à sa version des faits au delà de tout doute raisonnable, quelle que soit la réalité des faits”, peut-on lire dans ce document.

Enfin, dans son interview, DSK a évoqué à demi mot la thèse du complot ou du piège. Selon lui, des informations auraient filtré concernant ce qui s’est passé dans les couloirs de l’hôtel.

“A la page 12 de ce rapport, souligne-t-il, le procureur dit que des informations ont été données à Kenneth Thomson, l’avocat de Nafissatou Diallo, sur les circulations dans l’hôtel. Et il dit : ‘Ce n’est pas moi’.

- Ca veut dire que vous pensez qu’il y a eu des complicités notamment au Sofitel, demande la journaliste ?

- Quelqu’un a bien dû la donner (l’information, NDLR)”.

Qui a pu faire sortir ce genre d’information ? Le rapport du procureur ne répond pas, mais il évoque bien, à sa page 12, le fait que des enregistrements des allers et venues dans la suite 2820 ont été fournies à l’avocat de la plaignante, par une “personne extérieure”.

Il n’est pas impossible que l’ancien directeur général du FMI cherche à présent à savoir qui a pu divulguer des informations susceptibles de l’accabler, même si, durant l’entretien télévisé, il n’a pas insisté davantage sur cette hypothèse d’un éventuel complot.