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"Il est inconcevable que l’Europe abandonne le Programme d'aide aux plus démunis"


Le bureau de Bruxelles

"Il est inconcevable que l’Europe abandonne le Programme d'aide aux plus démunis"

Les ministres de l’Agriculture des 27 n’ont pas réussi à se mettre d’accord mardi sur le futur du Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD). Ils doivent se revoir au mois d’octobre.
Alain Seugé, président de la Fédération des Banques Alimentaires en France, renvoie les politiques à leur responsabilité en cas d’arrêt de ce programme qui permet de nourrir les plus pauvres à travers l’Europe.

Comment accueillez-vous ce report de décision ?
C’était extrêmement décevant. Notre petite lueur d’espoir est que l’Autriche a abandonné le camp des minoritaires opposés au PEAD ; on est donc sur la bonne voie.
Pour nous, il est inconcevable que l’Europe abandonne ce programme. Il peut évoluer dans sa forme. Mais les montants sont relativement peu élevés et donc on ne voit pas comment il pourrait disparaître. On va dans le mur depuis plusieurs mois. Nous savons qu’il faut résoudre ce problème et il est insensé que l’on perde autant de temps.
Pourtant, le dossier était clair sur le plan politique ; il n’y avait pas beaucoup à tergiverser. Avec les promesses que l’on avait eues, on s’attendait à ce que la France arrive à convaincre la minorité de blocage qu’elle ne pouvait décevoir ni l’opinion publique ni les personnes aidées en refusant de faire évoluer le fonctionnement du PEAD. Il y avait là un enjeu politique exceptionnel pour l’Europe.


Alain Seugé, président de la Fédération des Banques Alimentaires en France

Comment comptez-vous faire entendre votre cause d’ici le mois d’octobre ?
Nous, associations et banques alimentaires en Europe [présentes dans 17 pays – NDRL], allons continuer à faire pression sur nos hommes politiques pour qu’ils réalisent l’impact d’une décision négative.
Nous allons nous concerter avec les associations en France et les autres banques alimentaires en Europe sur les types d’actions que nous pouvons développer de manière à faire bouger les lignes, surtout dans les pays du bloc minoritaire des opposants. Il faut essayer de faire évoluer les décisions politiques dans ces pays, notamment en jouant sur l’opinion publique.
Nous n’avons pas encore décidé de ce que nous feront mais il ne s’agira pas forcément d’actions spectaculaires. La plupart se font à l’abri du regard des médias. Malheureusement, la pauvreté est silencieuse et donc on ne peut pas agir sur un mode ostentatoire.

En cas de décision défavorable en octobre, avez-vous des pistes pour d’autres solutions d’approvisionnement ?
Une partie de notre approvisionnement vient de ce que l’on récupère en grandes surfaces. Mais il faut réaliser que nous sommes tous bénévoles. Nous travaillons d’arrache-pied mais nous avons absolument besoin de cette aide européenne. Elle est importante aussi bien concernant la quantité que la qualité car elle apporte un équilibre nutritionnel complet.


Arrivage de farine dans un entrepôt de la Banque Alimentaire à Strasbourg le 20 septembre

Les politiques doivent assumer. Nous faisons un travail ingrat et difficile. Nous sommes très motivés mais nous ne pourrons pas faire plus si nous nous retrouvons face à une décision négative. Si les hommes politiques européens ne sont pas capables de prendre une décision aussi simple que d’apporter un euro par habitant européen par an pour assurer la survie de ce programme, nous nous retrouverons avec 130 millions de repas à servir en moins en France au cours de l’année 2012.

Finalement, tous vos espoirs reposent sur une décision politique…
Oui et nous comptons beaucoup sur les membres du gouvernement français pour faire preuve de persuasion et de diplomatie auprès de leurs homologues. Le gouvernement peut véritablement être l’artisan d’une solution positive sur la scène européenne.
La France a toujours été à la pointe de la Politique Agricole Commune en trouvant des solutions intelligentes. Eh bien, là, il faut encore en trouver une.
En cas d’échec, nous estimons que la responsabilité de la France sera lourde.

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