DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Les colons de Bet El n'envisagent pas d'en partir un jour

Vous lisez:

Les colons de Bet El n'envisagent pas d'en partir un jour

Taille du texte Aa Aa

Bet El, entre Naplouse et Ramallah, est une des 130 colonies juives de Cisjordanie. Fondée 10 ans après la guerre des 6 jours, elle compte environ 6.000 habitants venus d’Israël, mais aussi de France, de Russie, des Etats-Unis, d’Argentine et même d’Inde.

Esther Shenfeld n’avait que 6 mois lorsqu’elle a débarqué à Jerusalem et vit depuis 5 ans dans une maison préabriquée de Bet El. Mère de 2 et bientôt 3 enfants, elle n’a pas les moyens de s’offrir un appartement plus cossu. Et la situation politique actuelle ne la rend pas plus optimiste.

“Les Arabes, on sait ce qu’ils manigancent. Et ça n’a rien à voir avec la paix, au contraire. S’ils souhaitent vraiment la paix, ça finira par arriver, mais pourquoi devrait-on céder nos maisons en échange de la paix ? Ici, c’est chez nous, et je veux que mes enfants grandissent là.”

Moshe Rosenbaum, le maire, appartient à l’une des familles pionniaires de Bet El. Voici comment il juge la demande palestinenne d’un état indépendant.

“Je peux comprendre qu’Abou Mazen formule cette demande. Mais c’est une mauvaise chose pour nous et aussi pour les Palestiniens. Nous ne pourrons jamais nous entendre sur l’idée d’un état palestinien ici, parce que c’est notre patrie. Il n’y a pas de place pour un autre état. Et si un état palestinien devait voir le jour, la guerre serait permanente. Regardez ce qui se passe dans la bande de Gaza.”

Et quand on demande à Chlomo Aviner, le rabbin de Bet El, d’origine franco-polonaise, si deux peuples issus d’Isaac pour les juifs, et d’Ismaël pour les musulmans, peuvent parvenir à s’entendre, voici sa réponse :

“Il n’y a aucun probleme. Il peut y avoir fraternité. Nous on a toujours presenté une main fraternelle. Les pays arabes nous ont attaqué à plusieurs reprises. Ce n’est pas nous qui les avons attaqués. Admettons, théoriquement, que demain nous déposions les armes. En une démi-journée l‘état juif serait completement détruit.”

Pour les plus jeunes nés à Bet El, la perspective de devoir quitter un jour ce village n’est pas envisageable. C’est le cas de Ayal Dan, âgé de 20 ans.

“Je serais vraiment effondré. Je suis né là. C’est un lieu magnifique. Je reviens à l’instant de la source d’Amaya dont l’eau est si pure. Je me sentirais vraiment mal si on me chassait de ma maison un jour. Mais ça n’arrivera pas de toutes façons, ça n’arrivera pas.”