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La dénutrition, fléau du XXIème siècle

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La dénutrition, fléau du XXIème siècle

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Tous les jours dans le monde, près d’un milliard de personnes hommes, femmes et enfants regagnent leur lit le ventre vide. C’est l’amer constat décrit par le World Disasters Report 2011 qui souligne un paradoxe : le monde produit suffisamment d’aliments pour nourrir toute sa population. Autre constat saisissant : le nombre d’affamés ne cesse d’augmenter dans les zones urbaines et les pays à haut revenus.

Mais ce fléau touche surtout la région Asie-Pacifique et l’Afrique sub-saharienne. En 2000, le premier objectif du millénaire pour le développement était de réduire de la moitié l’extrême pauvreté et la faim : échec de taille pour l’ONU 11 ans plus tard.

La dénutrition, cet état pathologique qui se traduit par un manque d’apports nutritionnels dans l’organisme, à ne pas confondre avec la malnutrition, touche 925 millions de personnes à travers le monde, et tue chaque année 3 millions d’enfants âgés de moins de 5 ans.

Aujourd’hui, 178 millions d’enfants de cette tranche d‘âge connaissent un retard de croissance dû à cette pathologie. L’une des solutions réside dans l’alimentation des femmes, d’autant que plus de 60% des dénutris de la planète sont de sexe féminin, selon ce même rapport.

Et parmi les causes qui expliquent ces crises alimentaires, le rapport évoque la poussée de l’inflation des prix alimentaires en 2010 et 2011. Un élément qui confirme que le monde fait face à des marchés agricoles de plus en plus instables et à la volatilité des prix. Des difficultés décrites il y a déjà un an par cette habitant du Caire :

“Je fais de mon mieux pour concocter des repas qui puissent durer plusieurs jours. Je suis à la retraite comme mon mari, et on ne peut rien faire de plus. Je dépense une centaine de livres pour acheter des légumes et je suis obligée de faire une sélection sur les fruits.”

L’incapacité du gouvernement à maîtriser la spirale des prix avait fait descendre de nombreux Egyptiens dans les rues. C’est aussi l’un des éléments qui a conduit à la révolution et à la chute de Hosni Moubarak.

Selon l’ONU, la prévention des famines passe nécessairement par l’amélioration des rendements dans l’agriculture. Le rapport s’interroge aussi sur le bien-fondé de la politique d’aide aux petits producteurs, notamment en Afrique, où les résultats sont plus que décevants.