DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

L'affaire Karachi met le pouvoir sarkozyste sur la sellette

Vous lisez:

L'affaire Karachi met le pouvoir sarkozyste sur la sellette

Taille du texte Aa Aa

Neuf ans après la mort de 11 français tués lors d’un attentat au Pakistan, deux proches du président Sarkozy ont été mis en examen. Ils sont accusés de corruption présumée en marge de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995 et en relation avec cet attentat.

Parmi eux, Thierry Gaubert. Conseiller de Sarkozy lorsque l’actuel président était ministre du budget de Balladur. Un autre proche de Sarkozy, l’ex-ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux l’a appelé lors de sa garde à vue. Il affirme que sa femme “balance beaucoup de choses” devant le juge selon des écoutes publiées par Le Monde.

Pour Olivier Morice, avocat des familles de victimes de l’attentat de Karachi : “Nous sommes en présence d’une immixion totale du pouvoir exécutif au plus haut niveau. C’est un conseiller de Nicolas Sarkozy, c’est aussi l’ancien ministre de l’Intérieur. Il commet de façon incontestatble une violation des règles du droit pénal et il entrave le bon déroulement du juge d’instruction”.

Jeudi, l’Elysée affirmait dans un communiqué que le nom de Nicolas Sarkozy ne figurait dans aucune pièce ni aucun témoignage ce qui est inexact. Problème, comment de telles fuites ont pu avoir lieu ? Les syndicats de magistrats et la gauche exigent une enquête pour violation du secret de l’instruction.

En 1995, Sarkozy était le porte-parole de la campagne Balladur. Une campagne fratricide entre balladuriens et chiraquiens qui se conclua par la victoire du clan Chirac. Le nouveau chef de l’Etat avait immédiatement ordonné la révision de ces contrats d’armement dès son élection. Sept ans plus tard, à peine réélu, Jacques Chirac se recueillait devant les dépouilles des 11 français tués à Karachi.