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Le morcellement de la Cisjordanie vu par un géographe palestinien

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Le morcellement de la Cisjordanie vu par un géographe palestinien

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La perspective d’une déclaration d’un Etat palestinien aux Nations Unies pose des questions cruciales : quelles vont-être les frontières de cet Etat ? Sur quel territoire va-t-il s‘établir ? Difficile d’y répondre tant chaque mètre carré est disputé et revendiqué de part et d’autres. Les cartes indiquent combien la zone sous autorité palestinienne est particulièrement morcelée.

Khalil Tafakji est géographe. Il dirige la Maison d’Orient à Jérusalem. Sa spécialité, justement, ce sont les cartes. Sa mission est d’observer l’expansion des implantations juives, l’usage de la terre et des nappes phréatiques à Jérusalem et en Cisjordanie. “Si l’on jette un coup d’oeil sur ce plan, dit-il en montrant une grande carte accrochée au mur, on constate qu’Israël a coupé le territoire en trois zones. Une au nord, une au milieu et une au sud. C’est fait de telle sorte que si un Palestinien veut passer d’une zone à l’autre, il doit forcément passer par des points de contrôle israéliens ou par des tunnels. C’est le cas par exemple entre Qalqilia et sa banlieue, entre Tulkarem et sa banlieue, entre Jérusalem et sa banlieue et entre Ramallah et sa banlieue, que ce soit au nord ou au sud”.

Depuis 1967, l’Etat hébreu a construit quasiment sans interruption 130 blocs de colonies en Cisjordanie. Le nombre de colons est passé de 4.400 en 1977, à plus de 300 000 aujourd’hui.

“Si nous voulons faire partir un jour plus d’un demi-million de colons vivant dans plus de 100 000 habitations, ce sera très difficile, affirme Khalil Tafakji. En fait, Israël nous a mis devant le fait accompli et c’est aux Palestiniens de trouver maintenant les solutions adéquates.”

Une des solutions pourrait être l’échange des terres entre Israéliens et palestiniens. Mais pour Khalil Tafakji, cela comporte des risques : “Le risque, c’est que les Israéliens expulsent les Palestiniens qui vivent en Israël vers les territoires et qu’ils prennent les bonnes terres et qu’ils s’accaparent les ressources en eau”.

La question du partage de la terre rejoint celle de la cohabitation compliquée des religions dans un espace particulièrement restreint.

Notre envoyé spécial Riad Muasses estime que “la reconnaissance d’un Etat palestinien aux Nations Unies ne veut pas dire grand chose”, car, selon lui, “les colonies implantées en Cisjordanie constituent un obstacle majeur pour un Etat palestinien”.