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Plus de discipline pour éviter le défaut de paiement

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Plus de discipline pour éviter le défaut de paiement

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Cette fois-ci dans U-Talk, une Parisienne, Elena pose la question suivante :

“Je voudrais savoir comment l’Union européenne pourrait vraiment obliger les pays membres de la zone euro à respecter la discipline budgétaire dans l’utilisation et le remboursement des prêts reçus au cours de cette crise de la dette ?”

Sylvie Goulard, députée européenne issue du groupe de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe, lui répond. Au sein du Parlement européen, elle fait notamment partie de la Commission des affaires économiques et monétaires.

“C’est une excellente question et je crois qu’effectivement, en contrepartie de l’aide que les pays en difficulté reçoivent, il faut de leur part des engagements sérieux,” insiste-t-elle. “Ce que nous souhaitons, c’est que ces pays sortent de leurs difficultés et donc que l’argent que l’on a donné ne soit pas à fonds perdus. En même temps que la Commission européenne, le Fond monétaire international et la Banque centrale européenne travaillent avec ces pays, nous, au Parlement européen,” affirme Sylvie Goulard, “nous veillons au renforcement des règles de discipline et on peut espérer d’abord par le renforcement des procédures et des sanctions qu’il y ait un effet dissuasif. Je crois beaucoup plus à la persuasion qu‘à la sanction,” souligne la députée européenne, “on a essayé d’améliorer le dialogue entre le niveau européen et le niveau national en amont.”

Et elle ajoute : “il faut en finir avec le mythe selon lequel on serait des sortes d’Etats complètement souverains tout en ayant la monnaie unique. C’est un mensonge. Donc on s’est beaucoup attaché à renforcer les procédures de prévention,” soutient-elle, “et je crois aussi qu’il faut que chaque Etat-membre fasse son travail de persuasion.”

“On ne doit pas assainir les comptes pour faire plaisir à Bruxelles,” lance Sylvie Goulard, “parce qu’il y a des espèces de technocrates fous qui s’acharnent sur les populations, mais tout simplement parce que, ces dernières années, beaucoup de pays membres ont vécu au dessus de leurs moyens et que cette tendance n’est pas tenable.”

“La meilleure prévention, c’est de commencer à faire les choses,” affirme l’euro-députée, “de montrer à la fois aux marchés, mais aussi aux citoyens et aux acteurs économiques qu’il y a une vraie volonté de ne pas retomber dans cette espèce d’addiction à la dette publique. Et s’il arrivait que certains pays trébuchent complètement, à ce moment-là on aurait peut-être mobilisé beaucoup d’argent pour rien,” estime-t-elle. “A priori, ce n’est pas le scénario sur lequel on est parti et je crois qu’il faut essayer de l’éviter. Pourquoi ?” demande Sylvie Goulard avant de poursuivre : “Parce que la réputation du pays en question serait également gravement atteinte. Donc on n’a pas le choix entre un chemin imposé par l’Europe qui soit difficile et d’autres solutions qui seraient faciles.” Selon elle, “si on allait vers le défaut, ce serait une catastrophe pour les pays en question en premier lieu, avant même de parler des phénomènes de contagion.”

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