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FESF : amplifier oui, mais sans donner plus

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FESF : amplifier oui, mais sans donner plus

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Faut-il démultiplier la force de frappe du Fonds de soutien aux pays en crise ? La question n’est plus taboue. Elle est même ouvertement débattue. Mais pour l’heure, l’urgence, c’est de valider les 440 milliards d’euros dont il a été doté. Les parlements de trois pays doivent encore le faire. Et le temps presse, comme le soulignait le ministre belge des Finances en marge de la réunion de l’eurogroupe à Luxembourg :

“ Je crois que chaque jour qui passe, on donne des signaux négatifs, on perd du temps, on perd beaucoup de moyens également. Donc, j’espère qu’après les effort que vient de faire la Grèce, on pourra très vite, dans les heures ou les jours qui viennent, confirmer la décision de verser la tranche complémentaire à la Grèce et confirmer que tous les parlements nationaux ont fait leur travail. “

Donner plus d’amplitude au Fonds, oui, mais pas plus d’argent. Pour la ministre finlandaise, l’affaire est entendue.

Côté allemand aussi, on refuse tout emballement. Malgré les rumeurs de quadruplage du fonds, Wolfgang Schaüble ne juge pas nécessaire d’aller encore puiser dans les caisses nationales :

“ Comme je l’ai dit jeudi au Bundestag, seulement 10% du FESF sont affectés aux plans pour le Portugal et la Grèce. C’est pourquoi ce genre de spéculations n’a pas de sens actuellement. “

Pour faire plus sans ajouter un centime, une option serait d’utiliser l’argent du fonds comme garantie pour emprunter. Mais l’analyste Pierre Defraigne met en garde :

“ On a besoin de l’effet de levier, incontestablement. Donc, il faut amplifier les 440 millards, mais ce serait un grave erreur de se fonder uniquement sur la BCE pour faire ce travail. On permet ainsi aux politiques d‘échapper à ce qu’est vraiment l‘écheance, c’est-à-dire de transformer cette union monétaire en union budgetaire, avec ses ressources fiscales, qui pourrait alors désarmer complètement la méfiance des marchés. “