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Le FMI voit noir pour la croissance en Europe en 2012

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Le FMI voit noir pour la croissance en Europe en 2012

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Coup de froid sur la croissance en Europe en 2012, ce sont le sprévisions pessimistes du FMI avec en toile de fond: une activité mondiale plus faible et plus inégale notamment pour les économies avancées.

Selon le World Economic Outlook publié ce mercredi 5 octobre par le Fonds Monétaire International, en Europe, la récupération économique, forte au premier trimestre 2011 s’est essoufflée au deuxième trimestre.

Ce ralentissement est attribué en partie aux répercussions du tsunami au Japon sur la production industrielle et des Printemps arabes sur la hausse du prix du pétrole.

Il est aussi dû à l’escalade de la crise de la zone euro dont l’impact sur la demande interne est plus fort que prévu.

Globalement en Europe, l’activité économique continuera sa courbe descendante: 2,4% en 2010, 2,3% en 2011 et 1,8% en 2012 selon le rapport du FMI.

Signe que la crise de la dette affecte même les pays les plus solides de la zone euro, le FMI revoit également nettement à la baisse sa prévision de croissance pour l’Allemagne, locomotive de l‘économie européenne, et pour la Suède.

Les deux pays n‘échapperont pas à cette tendance après avoir surfé sur la vague de récupération globale en 2010, forts de leurs compétitivité et de leur équilibre budgétaire.

Le FMI dresse un tableau noir dans les pays sous la pression des marchés. Selon son rapport, les mesures d’austérité vont se durcir et le chômage structurel va s’aggraver. Et ça ne va pas s’arranger pour la Grèce et le Portugal qui devraient continuer à être en récession jusqu‘à début 2013.

Les efforts de la Grèce pour assainir ses comptes semblent largement insuffisants. En 2012, le FMI prévoit une contraction de l‘économie grecque jusqu‘à – 2% et de l‘économie portugaise de -1,8%.

L’Espagne devrait connaître une faible croissance à 1,1% et l’Italie 0,3%. Avec 1,3%, la croissance allemande diminue de moitié par rapport à 2011.

Dans les pays européens émergents comme la Pologne, la Lituanie et la Lettonie, la croissance devrait baisser autour de 3%.

Face à cette situation, le rapport appelle les leaders de l’eurogroupe à parvenir à une vision commune sur le fonctionnement de la zone euro et à l’expliquer clairement pour dissiper les incertitudes.

Plus généralement, le rapport du FMI conseille de renforcer la gouvernance économique et fiscale de l’union monétaire. Et donc de créer une entité fiscale européenne à laquelle se soumettraient les pays de la zone euro.

Interview avec le directeur du département “Europe” du FMI

Pour préciser un peu dans quelle tempête l’Europe est prisonnière, nous sommes, depuis Bruxelles en compagnie de Antonio Borges, directeur du
département “Europe” du FMI, le Fonds monétaire international.

Michel Santos, Euronews :
L‘économie mondiale ralentit, les marchés sont volatils et le sytème bancaire est sur une pente dangereuse. Le monde est-il au bord d’une nouvelle récession ?
 
 
Antonio Borges :
J’espère que non mais c’est un scénario qu’on ne peut pas exclure.  Il y a un important ralentissement économique aux Etats-Unis et en Europe et il se peut qu’il y ait une probabilité pour que cela se transforme en récession. Notre prévision c’est que l‘économie va continuer à croître même si la croissance est faible. Mais nous ne pouvons pas exclure un scénario plus négatif que celui-ci. 
 
 
Euronews :
Economiquement et financièrement comment  décrivez-vous l’Europe d’aujourd’hui en la comparant à l’Europe d’il y a 10 ans ? 
 
A. Borges :
L’Europe d’aujourd’hui est évidemment plus prospère et avec un potentiel de croissance plus élevé. Principalement en raison de l’intégration réussie de certains pays d’Europe de l’est. 
 
 
Euronews :
D’un autre côté vous avez des pays comme la Grèce et le Portugal qui ne connaissent pas de croissance. 
 
 
A. Borges :
Oui nous avons de bons exemples d’intégration mais nous avons également d’autres pays où l’intégration a été moins bien menée. Ces pays ont mal utilisé leurs ressources et les dettes qu’ils  ont accumulées n’ont pas permis la croissance économique. Maintenant ces pays sont en crise et ils vont devoir résoudre cette situation.  
 
 
Euronews :
Le programme de secours de la Troïka n’a pas été efficace, au contraire, la situation empire en Grèce. Les mesures prises n’ont pas été les bonnes ? Changeriez-vous quelques choses si vous pouviez revenir en arrière ?  
 
 
Antonio Borges :
Il ne s’agit pas de revenir en arrière, il s’agit de suivre le plan de soutien. Ce plan établi avec la Grèce comporte un certain nombre de composants dont un certain nombre ont été négligés. Nous nous sommes concentrés sur le budget car ça n’allait pas bien et il a accaparé toute notre attention et notre inquiétude. Mais il est très important que les grecs retrouvent de la compétitivité.  
 
 
Euronews :
Pensez-vous que la situation de certaines banques présente des risques et si oui : doivent-elles être recapitalisées comme l’a affirmé Christine Lagarde ?
 
 
Antonio Borges :
Les banques européennes se trouvent dans une période difficile parce qu’il y a un problème global qui est la confiance. Pas seulement en Europe mais dans le monde entier. C’est pourquoi notre directrice générale Christine Lagarde a insisté sur la priorité à recapitaliser les banques pour qu’elles aient des niveaux plus élevés de capital qui calment les marchés.  
 
 
Euronews :
Mais les stress tests ont démontré qu’elles avaient suffisamment de capital. 
 
 
A. Borges :
Le problème aujourd’hui c’est que même si elles n’ont pas eu de difficultés à passser les stress tests, elles se trouvent dans des conditions de marché dégradées parce que les investisseurs ont disparu.
 
Euronews :
Qui doit-on blâmer par rapport à cette crise ?
 
 
A. Borges :
Les responsabilités sont partagées. En réalité, quand je parle de la discipline en zone euro, c’est que certains grands pays membres n’ont pas respecté cette discipline dans certains cas en dépassant par exemple la limite de 3% de déficit inscrite dans le Traité. Et puis le système financier a aussi sa part de responsabilités car il a toléré une grande déviance par rapport à ce qui devrait être une displine normale sans exiger un prix plus élevé, de plus hauts taux d’intérêt en raison de risques plus élevés. Pendant un certain temps, le amrché a réagi avec les dettes portugaise et grecque comme il e faisait avec la dette allemande.  C’est clairement un comportement criticable.