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Violences contre les journalistes: la Russie, pays de l'impunité

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Violences contre les journalistes: la Russie, pays de l'impunité

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En 2010, plus d’une centaine de journalistes dans le monde ont péri en exerçant leur métier selon l’ONG Presse emblème campagne. Et ils sont encore plus nombreux à être victimes d’agression et de censure. Notamment en Russie.

Notre collègue russe Albina Lir a interviewé Alexeï Simonov, président de la Fondation de défense de la transparence.

La journaliste russe Anna Politkovskaya a été assassinée il y a 5 ans, rappelle-t-elle. Nous ne savons toujours pas qui a commandité ce meurtre. L’Occident décrit souvent la Russie comme le pays des crimes sans punition. Etes-vous d’accord?

Alexey Simonov: “Oui, je le suis malheureusement. Je ne peux qu‘être d’accord avec ça. Et je dois souligner que l’impunité est devenu un thème constant dans notre dialogue avec les autorités durant les 5 dernières années. Pendant tout ce temps, nous avons sans cesse parlé de l’impunité envers les crimes contre les journalistes. Et en fait, c’est l’expression la plus appropriée pour décrire ce qui se passe en ce moment.

Euronews: Devrions-nous lutter contre cela?

Alexey Simonov: “Il est nécessaire de lutter et il est possible de le faire. Le principal moyen est de maintenir les gens informer. Durant les trois dernières années, avec la Fédération internationale des Journalistes et le Syndicat russe des Journalistes, nous avons fait avancer ce dossier. Depuis 1993, nous avons surveillé la situation. Mais maintenant, nous pouvons utiliser des instruments modernes pour suivre ce qui se passe dans les médias de masse et plus exactement ce qui se passe dans la sphère de l’information en ce qui concerne les violations des droits des journalistes”.

Euronews: Votre fondation existe en Russie depuis 20 ans. Quels sont les moyens les plus efficaces aujourd’hui pour protéger les journalistes pas seulement en Russie, mais aussi en dehors?

Alexey Simonov: “Nous avons présenté ce mercredi au public une nouvelle base de données que nous avons créée pour effectuer une meilleure surveillance face aux attaques contre des journalistes, aux agressions les journalistes, aux menaces à leur encontre, à leur licenciement et à la censure. Six points de la législation criminelle concerne des attaques contre des journalistes.

Notre projet est international et il a déjà un écho international important. La Fédération internationale des Journalistes a donné l’information sur cette base de données sur son site web. Nous suscitons déjà beaucoup d’intérêt de la part de ces pays où de nombreux crimes contre les journalistes sont commis: le Mexique, la Colombie, les Philippines…

Je ne peux pas dire que nous avons inventé une sorte de panacée, mais nous avons inventé une façon de rendre ce travail plus efficace.

Mais il y a en fait deux facteurs sur lesquels cette base de données ne peut pas jouer. Les institutions judiciaires doivent montrer un intérêt, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui et la responsabilité de chaque journaliste est importante. Les journalistes doivent comprendre aussi que ce qui arrive n’est pas seulement lié personnellement à eux mais aussi aux services qu’ils rendent à la population.

La violence contre les journalistes doit être considérée comme une violence contre le journalisme. C’est très important. Si on ne comprend pas cela, nous ne pouvons rien changer. La société ne va pas se réveiller”.