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Primaire socialiste : Hollande ou Aubry, une semaine pour choisir

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Primaire socialiste : Hollande ou Aubry, une semaine pour choisir

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Il est donc en tête du premier tour des primaires socialistes. Favori depuis longtemps, François Hollande a marqué l’essai, mais pour le transformer et incarner la gauche à la présidentielle, il lui faudra conserver son avance. La partie est serrée car les deux candidats doivent se distinguer, avec un discours commun.

C’est bien leur mission finale : incarner le changement face à Nicolas Sarkozy. Mais comment convaincre qu’un seul en est capable sans tuer l’idée du rassemblement ? C’est là toute la difficulté de l’exercice. Le choix ne se fera pas sur les idées, on l’a bien compris, même si chacun a ses propres priorités, mais sur un style, un rapport à la politique bien différents, une ambition aussi.

L’une est tombée dans la bataille présidentielle un peu par hasard, l’autre ambitionne ce poste depuis très longtemps.

Aux paroles, Martine Aubry préfère les actes. Si elle n’est pas une grande communiquante, elle met toute son énergie à démontrer son expertise des dossiers, et rapeler son expérience – notamment ministérielle et à la mairie de Lille – ainsi que les réformes dont elle est à l’origine.

Hollande lui ne peut pas mettre en avant son expérience du pouvoir. C’est en coulisses qu’il a oeuvré – notamment auprès de Lionel Jospin – et construit pas à pas son ascension. Aujourd’hui il mise tout sur la communication. Régime, gestuelle et intonations : il soigne son image.

L’un comme l’autre ignoraient sans doute au lendemain de la défaite en 2007 qu’ils seraient cinq ans plus tard face à face pour défendre les couleurs de la gauche. Et si lui mûrit ce projet depuis longtemps, c’est elle qui s’est montrée la plus agressive jusqu‘à présent, alors que Hollande ne cesse de défendre l’idée du respect, au risque de paraitre trop mou.

Sur les programmes pas de différences, mais des nuances. L’une colle au projet officiel du parti, un discours exhaustif très marqué à gauche. L’autre se dit le candidat du réalisme économique, et martèle deux priorités : les jeunes et la fiscalité.

Sur la fiscalité, il veut une grande réforme en profondeur alors que le cheval de bataille d’Aubry ce sont les niches fiscales. Sur les jeunes, Hollande a créé le concept de “contrat de génération” exonérant de cotisations patronales pendant cinq ans une entreprise qui embauche un jeune de moins de 30 ans. Une idée jugée trop coûteuse par Aubry. Elle défend les “emplois d’avenir” – version actualisée des emplois jeunes de 1997 – et en promet 300 000 en cinq ans.