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La politique intérieure slovaque s'invite dans la crise de la dette

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La politique intérieure slovaque s'invite dans la crise de la dette

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La Slovaquie est une petite république parlementaire de près de 5,4 millions d’habitants. Membre de la zone euro depuis 2009, elle est considérée comme le deuxième pays le plus pauvre de cette zone euro. Et pourtant, elle a réussi bloquer provisoirement toute la machine européenne. Ce mardi, elle a dit “non” à l‘élargissement du fonds de secours européen destiné à sauver tous les pays qui seraient victimes de la crise de la dette.

“Pour moi, ce vote négatif est une tragédie pour notre pays”, explique Eduard Kukan, euro-député slovaque. Selon lui, “tout cela est dû à l’attitude irresponsable d’un des partis de la coalition au pouvoir. En agissant ainsi, les Slovaques se sont tirés une balle dans le pied. Ce vote a vraiment terni notre image au niveau international”.

En 2010, pourtant, lors de la mise en place du premier Fonds européen de stabilité financière (FESF), la Slovaquie avait donné son accord. Le pays s‘était engagé à hauteur de 4,4 milliards d’euros. Le deuxième Fonds de secours, défini en juillet dernier, prévoit de porter à 780 milliards d’euros, le montant de garanties, et la part de la Slovaquie doit s‘élever à 7,8 milliards d’euros.

“C’est une part trop élevée pour notre pauvre pays”, ont estimé plusieurs députés slovaques, notamment les membres du parti Liberté et Solidarité. Ils participent pourtant à la coalition au pouvoir. En votant “Non”, ils ont entraîné la chute du gouvernement. Et cela, finalement, a fait les affaires de l’opposition, les Sociaux-démocrates. Sur le fond, ils étaient prêts à voter en faveur de l‘élargissement du fonds de secours européen. Mais ils posaient leur condition, comme le précise Boris Zala, député slovaque au parlement européen. “Mon parti social-démocrate veut bien voter, dit-il, mais à certaines conditions, notamment la tenue d‘élections anticipées. Dès que la date de ces élections anticipées sera fixée, alors nous pourrons donner notre accord au renforcement du Fonds européen de stabilité financière”.

Ce sont donc des considérations de politiques intérieures qui ont prévalu dans ce vote négatif slovaque. On est loin des grandes envolées pro-européennes qui avaient accompagné la signature du traité de Lisbonne, en 2007. A l‘époque, les Slovaques étaient dirigés par le social-démocrate Robert Fico, qui pourrait d’ailleurs revenir au pouvoir.

A présent, les choses semblent s‘éclaircir à Bratislava, avec la perspective d’un nouveau vote au plus tard ce vendredi et d‘élections anticipées en mars prochain.

N’empêche, cette situation a visiblement conforté la France et l’Allemagne dans leur volonté de remanier les traités européens, afin d‘éviter que ce genre de situation de blocage ne se reproduise.